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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE




♦ N° 10 : Étains et Porcelaines
♦ N° 10 : Deux jours à Honfleur
♦ N° 11 : Les impressionistes
♦ N° 11 : Coutumes funéraires
♦ N° 12 : Les passages couverts de Paris



EXPOSITION 2004 : ÉTAINS et PORCELAINES

Lors des Journées du Patrimoine des 18 et 19 septembre 2004, le siège social des Amis du Musée de BETHUNE a été ouvert de 14 à 17 h pour une visite guidée de la maison, de la bibliothèque, et une présentation des ÉTAINS de BÉTHUNE et des PORCELAINES d'ARRAS.
Nous avons apprécié l'efficacité des services municipaux qui ont fleuri la cour intérieure, fléché l'accès à notre siège et y ont apposé un trongneau portant mention des jours et heures de visite.
Ceci a sans doute contribué au large succès de ces deux jours de visite avec 128 participants d'horizons et de tranches d'âge variés.


etains Le dimanche après-midi seulement - et ce pour des raisons de gardiennage - des Etains de Béthune et Porcelaines d'Arras appartenant au Musée et à des collections privées ont pris place sur des nappes anciennes pour la plus grande satisfaction des yeux, l'harmonie bleue des porcelaines répondant avec bonheur aux éclats mats des étains.

Des feuillets comportant une brève explication des techniques de fabrication des porcelaines et étains et un répertoire étaient à la disposition des visiteurs permettant ainsi d'identifier les objets exposés. Mais qu'il était difficile d'essayer une timide intervention, après la finesse et la ferveur de Monsieur Bourgeois faisant vivre ce sujet avec passion !

porcelaines

En résumé, nous notons l'intérêt des visiteurs pour le lieu, le fonds de bibliothèque et aussi l'exposition. De nombreuses questions ont été posées à propos de l'Association et en particulier de son incidence sur la réflexion concernant le Béthune du futur.
En conclusion l'Association a animé ces journées en gardant à l'esprit qu'elle est détentrice de biens et obligations hérités de nos ancêtres, enrichis qu'ils seront par la trace que la génération actuelle y imprimera, mais soucieuse aussi de conserver et transmettre ces acquits et valeurs dans l'observation des intérêts qu'elle privilégie : le sens du beau, le respect et la valorisation du patrimoine.

Nicole LELONG

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DEUX JOURS à HONFLEUR

Dans son message du 18 mai 2004, le président, dans l’intention de donner un nouvel élan à notre association, attendait de tous les amis du musée et de l’Estracelles qu’ils s’expriment et participent. Nous nous sommes donc réunies en un « joyeux comité de rédaction » pour raconter nos impressions de deux journées remarquables.

honfleur1

29 septembre 2004

« J’ai voulu voir Florence et on a vu Honfleur »… Départ 6 heures 30, horaire respecté. Arrêt petit déjeuner, offert par l’association, plus une boisson chaude préparée par notre sémillant conducteur Daniel.

Le crachin du matin s’est arrêté pour la traversée de la Seine par le superbe et impressionnant pont de Normandie.

Arrivés à Honfleur à 10 heures 15, nous avons enchaîné par la visite guidée de la vieille ville : les greniers à sel, la ruelle médiévale et ses échoppes, le musée ethnologique et celui de la marine, le vieux bassin bordé de pittoresques maisons, la lieutenance ( fin 16ème siècle) et la porte fortifiée.

A 11 heures 30, le pont s’est levé et les voiliers ont pris le large. Nous avons poursuivi notre circuit par le quartier Sainte-Catherine, avec sa curieuse église en bois à double nef et son clocher édifié sur la maison du sonneur de l’autre côté de la place.

12 heures 15, direction « Le chat qui pêche » pour un agréable repas.

14 heures 30, rendez-vous au musée Boudin, beaucoup plus important que ce que nous imaginions. Nous y avons admiré des œuvres pré-impressionnistes et notamment au pastel, les célèbres ciels de l’estuaire tant appréciés par Baudelaire. Nous avons pu aussi profiter d’une exposition temporaire de costumes locaux ( coiffes de mariage, châles, gilets..)

16 heures 30 : expérience nouvelle ! parcours musical aux maisons Satie. Compositeur du début du 20ème siècle, marginal pour son époque, il a su nous divertir par son humour dérangeant.

Ponctualité du groupe qui a rejoint le car à 18 heures. Installation à l’hôtel Otilinn, apprécié de tous pour son confort, son accueil et sa bonne table.

30 Septembre 2004

6 heures, réveil matinal et collectif. Petit déjeuner copieux pour affronter le programme chargé de la journée.

8 heures, départ pour Jumièges par le pont de Brotonne.

9 heures 30 : un guide des monuments historiques au charisme charmeur, nous a captivés en redonnant vie aux ruines majestueuses de l’abbaye.

Le ciel nous a gratifiés de couleurs exceptionnelles, accentuant le romantisme des pierres gardées par des arbres séculaires.

Nous avons quitté à regret la magie de ce lieu pour Yvetot.

honfleur2

11 heures 30 : changement de siècle avec la visite de l’église Saint-Pierre. Erigée en 1956, en forme de rotonde, elle nous a offert un spectacle grandiose et lumineux à 360° avec les vitraux flamboyants de Max Ingrand.

12 heures 15 : Bistrot de la Gare où nous attendait un repas gargantuesque ( cuisine traditionnelle de qualité exceptionnelle)

14 heures 30 : d’abord effervescence…. Puis calme plat dans le bus en route pour Mers les bains.

16 heures : distribution de barres chocolatées avant la promenade accompagnée dans le quartier balnéaire de Mers. Plus de 400 maisons « art-déco » présentent des façades et des toitures toutes plus originales les unes que les autres. Les cabines avaient été enlevées et remplacées par des grues inesthétiques qui travaillaient à la consolidation du bord de mer.

18 heures 45 :Rendez-vous aux « Mouettes »pour un traditionnel moules-frites face à la mer où nous avons apprécié un coucher de soleil digne de Boudin.

20 heures : départ pour Béthune et arrivée ponctuelle à 22 heures au parking place Foch.

Cordiales séparations dans l’attente très souhaitée d’un prochain voyage.

Le joyeux comité de rédaction.

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LES IMPRESSIONISTES
Berthe, Claude, Edouard, Paul et les autres


Morisot

Monet ; Berthe Morisot au bal

C'est une femme en noir. Le chapeau et la robe ont l'éclat des ailes d'un corbeau, des cheveux aux mèches rebelles, et sur la poitrine, à la place d'un bijou, un bouquet de violettes. Ce tableau, " Berthe Morisot au bal " peint par Manet en 1872 a fait le tour du monde, mais n'a toujours pas livré son secret. De la fierté dans le regard, mais sans arrogance, à la fois doux et sévère, il est et restera l'énigme de toute une vie.

Née en 1841, la plus jeune des trois filles du couple Morisot appartient à la bourgeoisie parisienne des beaux quartiers. Très vite attirée par la peinture et particulièrement douée, c'est sa rencontre avec Monet et Manet qui va lui permettre de s'intégrer à un groupe de peintres qu'elle ne quittera plus. Ils rejoignent le groupe de Barbizon avec Pissaro, Degas et d'autres

Manet fils de nantis, Monet au contraire toujours empêtré dans des problèmes de fin de mois. Ces deux là se complètent. Ils sont différents mais ils ont en commun le rejet de sujets académiques copiés dans les musées. Ils veulent s'aérer, aller voir les jardins, la clairière, les enfants sur des balançoires, là où ils sont, regarder la nature et la peindre. rejoignent le groupe de Barbizon avec Pissaro, Degas et d'autres.

Très mal accueillis par la critique passéiste parisienne, ils seront vilipendés, ridiculisés. En 1870 Manet s'investit dans une exposition privée, il ne vendra aucune de ses 53 toiles. Seule Berthe se voit accepter le très beau paysage "Chaumière en Normandie". Monet dont on a refusé les tableaux est dans une misère noire. Camille, sa femme, est enceinte, l’argent manque tous les jours. Degas, Cézanne et Van Gogh sont dans le même dénuement.

C'est du tableau de Monet «Impression soleil levant»; que naîtra le terme d’impressionniste. En 1872 ils sont acceptés au Salon et on commence à supporter leur différence.


Huit ans plus tard ils entrent au Louvre les uns après les autres et les prix grimpent. Le temps des vaches maigres est passé, il aura duré plus de vingt ans. L’Allemagne est le premier pays à les accueillir. Puis New-York expose 300 oeuvres de Manet, Monet, Renoir, Pissaro, Cézanne et bien d’autres avec un succès complet. Les grandes villes américaines suivront, il y a un très beau Berthe Morisot à Richmond en Virginie, puis Saint-Pétersbourg, Moscou, Tokyo, le monde entier les demande. Après la guerre de 1914 une compétition des prix va naître qui progresse encore aujourd’hui.

Rappelons que l’entrée en force des Impressionnistes au Louvre fut l’œuvre de la famille Nissim de Camondo qui offrit en 1911 à l’Etat français sa somptueuse collection. Degas, Sisley, Monet, Cézanne, Van Gogh et les autres sont enfin mis à l’honneur et toute la presse salua, sans réserve, cette donation inespérée, entrée à Orsay en 1986.

Monet

Renoir : portrait de Monet



Renoir

Renoir par Bazille

Mais revenons à Berthe Morisot. Elle est toujours le modèle préféré de Manet, qui cessera curieusement de la peindre après son mariage. Elle le fascine et il y a entre eux une amitié - sinon plus - aussi intense qu’;au premier jour. En 1874, après la mort de son père et quelques prétendants éconduits, elle se décide, à 33 ans, à épouser Eugène Manet, le frère d’Edouard, de sept ans son aîné, qui vit de ses rentes. De mauvaise santé, il fait à Berck-Plage ou dans le midi des séjours fréquents qui n’arrangent rien. Il peint comme son frère, mais sans en avoir le talent. Il va se mettre au service de sa femme, gérer sa vie, traiter la vente de ses tableaux, la réconforter dans ses doutes permanents. Quatre ans après le mariage naît Julie. Très vite elle vit au pied du chevalet de sa mère qui la peindra, seule ou avec d’autres enfants, dans plus de 70 tableaux, « Maternité », « Julie au violon », « à la mandoline », le superbe « Cerisier », mais rarement avec son père, et quand, jeune fille, elle se mettra elle-même à la peinture, le mimétisme sera flagrant. Les amis sont toujours là, Renoir avec sa bonne humeur et son entrain, Degas, Monet, Cézanne, Pissaro.

Peu à peu la santé d'Eugène s'altère, la famille quitte Paris pour la campagne, près de Giverny où Monet, après la mort de Camille et son remariage, retrouve sa passion des nymphéas aux couleurs sublimes, qu'il peindra, enfin apaisé, jusqu'à sa mort.

Mais le malheur n’est pas loin. Edouard Manet souffre depuis longtemps d'une maladie redoutable que l'on taît, la syphilis. Il ne sort plus mais peint sans cesse alors que ses tableaux continuent d’être refusés ou vendus à prix bradés. Le visage émacié de ses deux derniers autoportraits montrent déjà qu'il est perdu.

Il meurt dans d’atroces souffrances le 30 avril 1883 à 51 ans, trop tôt pour être enfin reconnu. Dorénavant Berthe ne quittera plus les vêtements noirs qu’il aimait tant. Quelques années plus tard, c'est au tour d'Eugène de faiblir ; il n'est plus que l’ombre de lui-même et meurt le 13 avril 1892

>Berthe désorientée par les soucis matériels et s’inquiétant de l’avenir de Julie âgée de 15 ans, Degas, Renoir et Monet la rassurent en formant un conseil de famille.

L’année 1894 est celle de son succès au salon de Bruxelles avec « Le Flageolet », « La sonate de Mozart ». Elle meurt l’année suivante, en quelques jours, d’une mauvaise grippe à 54 ans.

Elle sera enterrée près d’Edouard et d’Eugène dans la plus stricte intimité.

Un an plus tard les toujours fidèles amis et Julie inconsolable organisent en son souvenir une rétrospective : 394 toiles et pastels et un succès total. A 22 ans, Julie épouse Henri Rouart, peintre et fils de collectionneur et ne renoncera jamais à peindre. La famille Rouart a récemment offert ses collections superbes au musée Marmottan.

Une dernière remarque. Curieusement, alors que Berthe adorait les échanges épistolaires, on ne retrouvera aucune de ses nombreuses lettres à Edouard Manet et réciproquement. Perdues ou supprimées ? « Mieux vaut détruire les lettres d’amour « avait-elle dit un jour à une amie. A chacun sa vie !

Manet

Manet : Auto-portrait

- PS De nombreux tableaus d'Orsay ont une histoire. Par exemple l'énigme de "La famille Bellelli" et la supercherie de "L'absinthe " de Degas ou la curieuse force tranquille de " La femme à la cafetière" de Cézanne et il en existe bien d'autres.On les découvre dans m'intéressant ouvrage de Germain Bazin et le guide de poche d'Orsay. Ces deux ouvrages ainsi que le catalogue de %arùottan sont consultables à la bibliothèque de notre Association.

Paule BOURGEOIS


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COUTUMES FUNÉRAIRES
(recueillies auprès de mon père en 1949)


Lorsque le maître de maison mourait un membre de la famille prévenait les bestiaux de la ferme, les abeilles, selon la formule « vou maite i est mort » (votre maître est mort).

Les glaces étaient recouvertes d’un linge, l’horloge arrêtée. Un seau d’eau était placé dans la pièce du mort, avant la mise au cercueil.

Une croix de paille était placée par terre, devant la maison, comportant, suivant la richesse de la famille, jusqu’à 12 à 20 bottes.

Une fois le corps sorti de la maison, les pauvres, les enfants, s’appropriaient la paille, parfois en se bousculant pour en emporter le plus possible. Quand la paille n’était pas enlevée, on la détruisait (le curé envoya mon père, enfant de chœur, détruire une croix non enlevée : 1896-98)..

Il était d’usage de placer une croix de paille au carrefour de la rue du village et de la rue de l’église..

Cette coutume disparaît en 1914 et une croix de petite taille, en paille, puis en bois, recouverte de tissu noir, était fixée sur le mur de la maison, parfois avec un rameau de buis bénit. Croix blanche pour les enfants. Cette transformation apparaît d’abord dans les cités minières..

Pour les morts enterrés civilement ruban rouge sur le mur de façade..

Les morts des écarts étaient amenés en voiture à l’entrée de l’agglomération : il fallait prévenir les chevaux de transport du travail qu’on leur demandait..

Une chandelle bénite, propre à chaque famille, ornée de cires de différentes couleurs dans les familles aisées, était allumée près du mort, dans la maison, et à l’église parmi les autres chandelles. Avant de fermer le cercueil, on faisait couler quelques gouttes de cire de cette chandelle sur le linceul ou les vêtements du mort..

Après la cérémonie funéraire, la famille recevait les parents et amis venant de loin à un repas, auquel on invitait parfois les porteurs et le « clerc » (chantre) qui récitait le De Profundis à la fin du repas. Les familles aisées distribuaient du pain aux pauvres après l’office, parfois par le truchement du bureau de bienfaisance..

Les papiers de faire-part que l’on distribue chez l’habitant n’existaient pas. C’était un ami de la famille ou une « prieuse » qui « priait » les gens (les avertissaient). Les lettres de faire-part existaient : on les conservait précieusement pour savoir à qui il fallait en envoyer en cas de décès..

Seuls les parents proches venaient bénir le corps avant l’enterrement.

Albert BOURGEOIS

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LES PASSAGES COUVERTS DE PARIS
Le 31 Mai, sous un grand soleil, nous avons parcouru avec plaisir les passages couverts de Paris, depuis le Palais Royal jusqu’au boulevard Montmartre. Ces pages raviveront les souvenirs des participants, mais intéresseront certainement tous les Amis du Musée, et les inciteront peut-être à reprendre à leur compte cette agréable exploration …
passages L'idée de constituer des galeries couvertes bordées d'échoppes est ancienne. Elle a pris des formes variées selon les civilisations (notamment les souks). À Paris, ce phénomène a pris un essor particulier dans le deuxième quart du dix neuvième siècle.
Les galeries de bois du Palais-Royal, créées en 1786, sont considérées comme le prototype de ces passages. Puis viennent les passages Feydeau (démoli en 1824), ceux du Caire et des panoramas en 1799.
Près de trente passages seront construits sous la Restauration et la Monarchie de Juillet.
Le passage piétonnier permet au passant de quitter les « embarras de Paris » avec ses risques, ses odeurs et son vacarme. Le passage est un lieu de lumière (éclairage zénithal), de rencontres (notamment galantes) et d'achats (grâce aux commerces), centrés sur la rive droite, là où la foule était nombreuse entre les grands boulevards, près des salles de spectacle.

Galerie VERO-DODAT

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19, rue Jean-Jacques Rousseau – 2, rue du Bouloi
Longueur 80 m – largeur 4 m – Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques

En 1826, deux investisseurs, le Charcutier Véro, qui avait fait fortune en Bourse, et le Financier Dodat décidèrent de construire une galerie entre les rues du Bouloi et Jean-Jacques Rousseau.
Ils firent bâtir une galerie néo-classique avec des ornements en cuivre et fonte, des miroirs, des peintures, des colonnes, et un sol pavé de marbre noir et blanc et de globes de lumière.
La Galerie Véro-Dodat doit son succès à la boutique des « Messageries Laffitte et Gaillard », située face à l’entrée, sur la rue Jean-Jacques Rousseau. Les voyageurs en attendant leurs diligences allaient flâner parmi les magasins à la mode.
On y trouvait la boutique « Aubert » qui imprimait et vendait les journaux « Le Charivari » et « La Caricature ». Les caricatures de Daumier, Gavarni, Cham ou Grandville étaient exposées en vitrine et de nombreux curieux s’attroupèrent devant le magasin. La jeune actrice Rachel, qui triomphait déjà au théâtre-Français, logeait au deuxième étage.
Le Second Empire et la disparition des « Messageries » marquèrent le déclin de la galerie. L’échoppe « Aubert » disparut et fut remplacée par un marchand de malles.
Même si l’attrait de la galerie a diminué, elle continue à offrir au promeneur une image évocatrice de la Belle époque. Elle fut restaurée en 1997.

Le PALAIS-ROYAL

PR1 En 1624 le cardinal de Richelieu devient ministre du roi Louis XIII et décide de faire construire en 1632 un palais. Les travaux sont confiés à Le Mercier ( architecte favori de Richelieu ) qui édifiera le Palais Cardinal. en 1639, où le cardinal mourut le 4 décembre 1642. Le palais est alors légué au roi qui meurt l'année suivante.
Anne d'Autriche et le dauphin, futur Louis XIV s'installent dans le palais qui prendra alors le nom de Palais Royal. Le Palais est donné en apanage à Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV et mari d'Henriette d'Angleterre qui mourut dans ce palais. Philippe II d'Orléans, le Régent, occupe ensuite le Palais où seront organisés des soupers libertins.
Son arrière petit fils Philippe Egalité, pour subvenir à ses frais importants, agrandit le Palais Royal et loue le rez-de-chaussée à des commerçants, tenanciers de tripots, transformant ainsi le Palais Royal en véritable cité du jeu et du plaisir. Il fait également construire de 1786 à 1790 le théâtre destiné à remplacer la salle de l’Opéra, brûlée en 1781. Ce théâtre allait devenir le Théâtre-Français.

En 1786, trois des quatre bâtiments prévus furent achevés selon les plans de Victor Louis. La construction de la quatrième aile fut différée faute de crédits suffisants. À sa place, l’entrepreneur construisit les Galeries de Bois. Elles furent prolongées par une autre galerie en 1792 dont le toit ajouré de dalles de verres lui fit donner le nom de Galerie Vitrée.

Les galeries du Palais Royal devinrent le modèle de la vie dans les passages : les flâneurs s’y abritaient des intempéries, le libertinage s’y exerçait sans contrainte.
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Le Palais Royal devient à partir de 1801 le siège du Tribunal puis de la Bourse et du Tribunal de Commerce. En 1814, Louis XVIII restitue le palais à son cousin, Louis-Philippe, sixième duc d’Orléans et fils aîné de Philippe Egalité. C’est lui qui entreprit les travaux qui devaient donner au palais en 1829 l’aspect qu’il a de nos jours. Il devint en 1830 Louis-Philippe Ier, roi des Français, et quitte le Palais-Royal pour les Tuileries en 1831.

À la suite d’un incendie qui ravagea la Galerie Vitrée, l’architecte Fontaine détruisit les deux galeries pour en bâtir une nouvelle, la Galerie d’Orléans.

Celle-ci fut une des plus grandioses et originales de l’histoire des galeries parisiennes, mais marqua cependant le déclin de la vie particulière du Palais Royal car le roi Louis-Philippe supprima les tolérances dont bénéficiaient les approches du Palais.>


En 1871 lors des événements de la Commune le Palais Royal est incendié. Il sera restauré pour accueillir à partir de 1875 le siège du Conseil d'Etat, qui l’occupe encore aujourd'hui. Il abrite également le Conseil Constitutionnel, une partie du Ministère de la Culture et des logements de fonction de hauts fonctionnaires.

On peut y admirer les colonnes de Buren qui malgré certaines controverses s'inscrivent parfaitement dans ce cadre, particulièrement lorsqu'elles sont illuminées.
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Galerie VIVIENNE

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longueur 176 m – largeur 3 m

Le président de la Chambre des Notaires, Maître MARCHOUX, souhaitait construire la galerie la plus belle et la plus attractive des passages couverts de Paris. Celui-ci associa pilastres, arcs et corniches, aux différents symboles de la réussite (couronnes de lauriers, gerbe de blé et palmes), de la richesse (cornes d’abondances) et du commerce (caducée de Mercure).

La grande galerie de 42 m de long est suivie d’une rotonde vitrée avec une coupole en verre hémisphérique, d’origine, permettant une aération modulée.
La galerie se termine rue des Petits Champs par une vaste salle rectangulaire surmontée d’une verrière monumentale d’où s’élève un bel escalier suspendu menant autrefois à l’appartement de l’ex-bagnard et chef de la sureté Vidocq.

La mosaïque du sol est l’œuvre de Facchina, célèbre mosaïste italien qui a réalisé les mosaïques de l’opéré Garnier après avoir participé à la restauration de celles de la Basilique Saint-Marc à Venise.
La galerie Vivienne fut inaugurée en 1826. Elle attira bon nombre de visiteurs avec ses boutiques de tailleur, bottier, marchand de vin, restaurateur, libraire, mercier, confiseur, marchand d’estampes ..

Galerie COLBERT

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En 1826, la société Adam et Compagnie acheté à l’état un ancien hôtel, construit par Le Vau, ayant appartenu à Colbert, puis au régent Philippe d’Orléans. Afin de concurrencer la Galerie Vivienne, la société Adam et Compagnie décida de faire construire, au lieu et place de l’hôtel, une galerie tout aussi remarquable que sa voisine.
L’architecte J. Billaud élevé une vaste rotonde, éclairée par un dôme de verre. Au centre, il avait placé un magnifique candélabre en bronze portant une couronne de sept globes de cristal, éclairés au gaz, qu’on appela le "cocotier lumineux". Aujourd’hui disparu, il a été remplacé par une statue datant de 1822.

Colbert1 L’architecture de la galerie inspira de nombreux architectes de toute l’Europe : le principe de la rotonde a été souvent retenu quand il s’agissait de croiser des allées dans une galerie.
La galerie, fermée en 1975, a été rachetée par la Bibliothèque Nationale. Le département des Arts du spectacle y expose des maquettes et des costumes et le musée Charles Cros rassemble les collections de la Phonothèque Nationale. Elle est surtout animée par la fameuse brasserie "Le Grand Colbert", qui arbore un décor style 1830.

Passage des PANORAMAS

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panoramas1 Le passage des panoramas a été crée en 1800, à l'emplacement de l'ancien hâtel de Montmorency-Luxembourg. Il doit son nom aux deux énormes rotondes installées sur le boulevard par l'Américain Thayer, dans lesquelles étaient présentés de vastes tableaux trongoramiques.

En 1834, l’architecte Jean-Louis Grisart lui adjoint les Galeries Saint-Marc, des Variétés, de Feydeau et de Montmartre pour concurrencer les galeries Colbert, Vivienne et Véro-Dodat.

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La loge d'Hortense Schneider

Le succès du passage fut immédiat grâce à l’enthousiasme des parisiens pour les panoramas, à son exceptionnel emplacement sur le boulevard, à proximité de la Bourse, et surtout du Théâtre des Variétés qui vient s’y adosser en 1807. En 1816, on y expérimenta l’éclairage au gaz.

Le théâtre des Variétés, dont le propriétaire est Jean-Paul Belmondo, et dont la façade s’ouvre boulevard Montmartre, possède son entrée des Artistes dans la galerie des Variétés, qui s’ouvre à angle droit dans le passage des panoramas. Galerie très fréquentée au 19ème siècle (comme on peut s’en douter) après le spectacle, et notamment lors de la grande époque où Jacques Offenbach y faisait triompher ses opérettes.

Avec ce passage des panoramas s’est terminé notre excursion dans les passages couverts et dans « la belle époque ». Nous aurions pu poursuivre par le passage Jouffroy, le passage Verdeau, jusque la rue du faubourg Montmartre, ou un peu plus loin le passage du Grand Cerf ou le passage du Caire, mais …
Cependant comme disait une chanson : « Allez-y donc, qui vous empêche … »

Gilbert DENELE


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