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N° 13 : La culture de la wède, le pastel, au voisinage de Béthune N° 13 : Seize lustres plus tôt…. N° 15 : De la mélancolie N° 15 : Les grandes invasions |
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Connu en France sous le nom de « guède » et de « wède » en Picardie, le pastel est une crucifère, « l’Isatis tinctoria », qui se contente de tous les terrains.
Semée en février ou mars, elle atteint un mètre de hauteur et donne des fleurs jaunes. Ce sont les feuilles qui étaient cueillies à quatre ou cinq reprises, de juin à novembre, pour la confection de la teinture bleue. | |
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Bernard Ghienne, dans le numéro 24 de la revue Gauhéria (1991), donne le détail de toutes les opérations, des semailles à la teinture. Il attribue le nom d’un lieu-dit de Souchez, le « Mont de Cocal », à la wède par similitude au mot Cocagne. |

La culture de la wède dépérit au 17ème siècle et ne dépasse guère le début du 18ème. L’indigo provenant des Indes prend la relève, non pour une qualité tinctoriale meilleure, mais en raison d’un prix meilleur marché. |
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"Emprunté" à « La Voix du Nord », 8 avril 1982 |
« Empruntons notre machine à remonter le temps et réglons le cadran pour retomber il y a seize lustres, soit 80 ans en arrière.
Nous sommes à Béthune en 1902, et voici quelques détails sur nos ancêtres…. |
A simple titre de comparaison, les chiffres relevés en 2002 (soit vingt lustres plus tard) :
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C’est en décembre 2005, au Grand Palais, que les Amis du Musée ont visité l’exposition « Mélancolie, génie et folie en Occident ». Il peut être intéressant de revenir sur plusieurs œuvres qui, présentées en cette occasion, nous permettent, si nous les mettons en relation, d’approfondir le thème.
DÜRER ou le savoir mélancolique
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La gravure, intitulée Melencolia I, que Dürer (1471- 1528) a conçue en 1514, tient une place primordiale dans l’iconographie de la mélancolie.
Cette importance est due au fait que, tout en assumant l’héritage antique, Dürer représente la conception nouvelle apparue à la Renaissance. |
Aussi Dürer est-il fidèle à cette vision quand il donne à sa figure la position de la tristesse que l’on peut déjà voir sur les amphores grecques et qui va perdurer jusqu’au Penseur de Rodin.
La tête lourde, écrasée sur le poing fermé, le coude appuyé sur le genou, toute la composition manifeste bien cette humeur chagrine qui conduit à l’inertie. Les yeux égarés dans le lointain n’observent rien de précis dans leur environnement.
La bourse, au bas de la robe, indique l’avarice, et le négligé de la longue tunique, salie et froissée, signale l’insociabilité du personnage. Enfin, et c’est important, la main droite, qui tient le compas, s’est immobilisée en se posant sur le livre. Si l’on ajoute à cela les outils - inutiles –
qui jonchent le sol dans le plus grand désordre et l’accablement du chien, famélique et avachi, qui regarde fixement par terre, l’on voit que c’est un climat de léthargie et de paresse qui baigne la scène.
La paresse, ici, est la Paresse du cœur, dont le Moyen Àge, en l’appelant acedia, avait fait un péché capital. C’est un péché car cette indifférence et cet ennui, qui conduisent à se désintéresser de toute chose dans le monde, sont une injure à la création divine.
La paresse, au sens ordinaire, n’en est qu’une conséquence. |
Lucas CRANACH et les cauchemars de la raison
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Dix-huit ans après Dürer, en 1532, Lucas Cranach l’Ancien (1472-1533) peint une Mélancolie que l’on peut voir habituellement au musée Unterlinden à Colmar. Il a rencontré le thème à la fin de sa vie et, de 1528 à 1533, il en donnera quatre versions successives, celle de Colmar étant la deuxième. |
L’essentiel, cependant, est ailleurs. La diagonale montante Oz pointe une scène bien étrange : dans un nuage irréel, des sorcières et des démons chevauchent des animaux fabuleux, dans une sorte de sarabande. L’étrangeté de la scène provient également du fait qu’elle se situe dans une ouverture dont il nous est presque impossible de décider de la réalité.
S’agit-il d’une baie ouverte sur l’extérieur ou d’un tableau accroché à l’intérieur, et, dans ce cas, d’un tableau dans le tableau ? D’autant plus que nous ne pouvons décider si le putto, qui se balance, est à l’extérieur ou à l’intérieur de la pièce. Où sont suspendues les cordes de sa balançoire ?
À l’intérieur, si l’on examine les enfants, sur la gauche, qui, soit viennent de pousser la balançoire, soit s’apprêtent à la recevoir. Mais la position de trois quarts du putto et sa situation dans le plan de l’ouverture rendent invraisemblable cette hypothèse.
Il est donc impossible d’articuler les deux espaces et l’on pense à certaines compositions de Magritte, comme La Condition humaine, où un tableau se superpose à l’espace de la réalité qu’il représente, confondant, ainsi, l’imaginaire et le réel. |
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Dans le tableau de Cranach, la Raison n’est pas endormie mais partiellement aveugle, et cet aveuglement enfante, aussi, des monstres. De ce point de vue, la position médiane du putto, entre le nuage et la tête de la Mélancolie, est troublante : il est comme un intermédiaire ou un médium qui véhiculerait les pensées irrationnelles dont la mélancolie est le siège.
En admettant que Cranach prolonge Dürer, on voit que le vide, sur lequel débouchait la raison géométrique, est, ici, un chaos d’idées folles et d’absurdités. C’est l’envers d’une raison trop positive qui veut s’en tenir à la connaissance des choses terrestres. L’ignorance de ce qui est au-delà de ses propres limites ne débouche pas sur le vide, pour la raison, mais sur un monde fantastique d’idées inconscientes.
Dans ses quatre versions successives du même thème, Cranach n’a cessé de donner de plus en plus d’importance à cette ouverture du fond avec sa sarabande. Dans la dernière, en 1533, l’année de sa mort, elle occupe presque toute la surface du tableau. Dans l’Antiquité, on pensait aussi que la mélancolie pouvait aller jusque la démence lorsque la bile noire était en excès. |
L’ensemble du tableau produit une impression de fantastique qui est obtenue par des moyens simples. Tout d’abord, les perspectives outrées du plan de la table et de la lucarne, en haut et à droite, qui créent comme une inquiétude dans l’espace naturel. Ensuite, la découpe très prononcée des objets – la sphère en est le meilleur exemple – qui fait qu’ils ont l’air d’être des collages, chacun affirmant une existence distincte de celle des autres. Enfin, des anomalies qui, alors même qu’elles sont inaperçues, troublent notre perception. Par exemple, en suivant le jeu des ombres, le pied de la table, en A, devrait être recouvert de l’ombre du dessus de la table ; or, il est en pleine lumière. Remarquons que la lumière provient d’une source située face au tableau, légèrement à gauche, et, qu’à l’opposé, aucune luminosité n’émane de l’ouverture du fond, ce qui renforce l’impression d’irréalité de cette dernière. Et, comme pour le confirmer, Cranach a bien marqué la direction de l’ombre des trois enfants sur le rebord de l’ouverture. |
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C’est en usant de procédés semblables, qu’un peintre moderne du fantastique, Giorgio De Chirico (1888-1978) a traité de la mélancolie. Chez lui aussi, les perspectives sont outrées comme pour déstructurer l’espace naturel et suggérer une autre réalité derrière celle-ci. Les arcades s’élèvent démesurément, créant une tension vaine vers le haut, un appel silencieux qui reste sans réponse. Les ombres, souvent, sont sans objet, comme si elles avaient autant de réalité que leur objet et pouvaient se montrer sans lui, ou comme si leur objet n’avait pas plus de réalité qu’elle. Plus encore, certains personnages, comme la petite fille au cerceau, dans Mystère et Mélancolie d’une rue (1914), sont traités de la même manière que leur ombre ; la confusion entre le réel et l’imaginaire, entre l’apparence et l’être, est alors complète. Ce « discours sur le peu de réalité », De Chirico l’a appelé, « peinture métaphysique ». La mélancolie devient ce sentiment moderne de la perte de la réalité. Tout, dans le monde, est devenu inconsistant pour le mélancolique : rien ne tient, rien ne le retient et il ne tient plus à rien. |
Un peu plus tard, en 1938 exactement, Sartre publie son premier roman, La Nausée. On sait qu’il voulait l’intituler « Melancholia », par admiration pour la gravure de Dürer, et que c’est Gallimard, son éditeur, qui l’en dissuada pour des raisons commerciales. Et, en effet, c’est ce même sentiment d’inconsistance et de perte, face au réel, que Roquentin, son héros, va exprimer. |
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2006 : le Seizième Centenaire des Grandes Invasions qui vont plonger le monde occidental dans le Moyen Âge pour plusieurs siècles.
Le monde romain a déjà subi dans la seconde moitié du 3ème siècle des troubles graves qui ont provoqué de grosses destructions : les villes se sont ratatinées derrière des remparts et la plupart des villas rurales ont disparu, mais Rome entrée dans le Bas Empire se maintiendra encore jusqu’en 476. |
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