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EXTRAITS DES BULLETINS 2007 DE L'ASSOCIATION


• N° 16 : CONFRERIE SAINT NICOLAS DE CHOCOUES
• N° 16 : PETITE HISTOIRE DE LA RADIO (1865-1925)
• N° 16-17 : ACTIVITES MINIERES DANS LA REGION DE BETHUNE(1)(2)
• N° 18 : UNE LETTRE DE 1919
• N° 18 : La MEDECINE AUX ARMÉES SOIUS LE CONSULAT



CONFRÉRIE SAINT NICOLAS DE CHOCOUES

Le chanoine BERTIN écrit que la confrérie des charitables de Chocques a été fondée en 1806 (les charitables et leurs cent confréries au diocèse d’Arras, 1949).
Il s’agit là d’une restauration, puisque la confrérie existe déjà au 17ème siècle.

En 1615 Pierre DUCROCQ est inhumé dans la chapelle saint Nicolas de l’église. En fait, la chapelle représente l’autel du saint, à droite du chœur

C’est en 1636 que l’on trouve la première mention des confrères. A cette date une épidémie de peste est très meurtrière 95 décès pour une moyenne annuelle de 12,6. Deux inhumations «per confratres» (par les confrères) et celle de Jacques POTIER, «sodalis S. Nicolai » (de la confrérie de saint Nicolas).

1641 : Philippe BEHIN, prévôt de la confrérie de saint Nicolas, inhumé dans la chapelle de la confrérie.
21.01.1699 : Jean MULLET et Pierre MATON, prévôt et maïeur de la charité saint Nicolas.
12.09.1699 : Pierre MATON, prévôt.
18.10.1699 : Pierre MATON, prévôt, Philippe SENECHAL, maïeur.
08.07.1701 : Philippe SENECHAL, prévôt, Antoine BELVAL, maïeur
02.06.1703 ; Philippe SENECHAL, prévôt, Antoine BELVAL, maïeur
13.06.1703 : Antoine BELVAL, prévôt, Gaspard LEFEBVRE, maïeur.
20.05.1705 : Gaspard LFEEBVRE, prévôt, Melchior DELEHEL, maïeur,
18.02.1706: etc..

On peut suivre ainsi tous les noms des prévôts et maïeurs jusqu’en 1740. Il existait deux maïeurs, le grand et le petit et en règle générale tous les 2 ans, en mai, le grand maïeur succède au prévôt, et le petit maïeur au grand.

La plupart de ces dignitaires appartiennent au monde des « notables », les gros fermiers.
En 1422-23 Jehan NOÊL et Pierre MATON sont prévôts de la « carité» saint Nicolas et paient le relief de terres appartenant à ladite charité.

Vu l’importance des bien cités je pense que la charité saint Nicolas désignait l’Hôpital du même nom à Chocques et que la confrérie des porteurs de morts en terre n’a dû se former qu’au 16ème ou 17ème siècle. Il peut s’agir d’une confraternité au sein même de l’hôpital. En effet au Moyen Âge beaucoup d’hôpitaux admettaient, moyennant finances, des frères et sœurs qui recevaient dès lors une prébende leur vie durant, au sein de l’hôpital. Ils jouaient parfois un rôle administratif, mais ne se livraient pas aux soins.

Albert BOURGEOIS
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PETITE HISTOIRE DE LA RADIO (1865-1925)

En marge de l’exposition « Cent ans de TSF » réalisée à l’occasion des Journées du Patrimoine, il nous a paru intéressant de retracer les étapes du développement de la radio et de clarifier un peu les idées dans ce domaine. Définir la date de naissance de la radio est aussi délicat que de donner le nom de son inventeur. La radio est une invention collective, née de la coopération d'inventeurs de diverses nations dont les travaux ont commencé au milieu du 19e siècle

1865 : Maxwell prouve l'existence des ondes électromagnétiques par une démonstration mathématique mais purement théorique.

1888 : Hertz confirme la théorie de Maxwell par une démonstration expérimentale. Les ondes hertziennes sont découvertes.

1890 : Branly invente le tube à limaille métallique détecteur d'ondes : le cohéreur.

1895 : Popov utilise la première antenne

1896 : Marconi synthétise les travaux de ses aînés en réunissant l'excitateur de Hertz, le cohéreur de Branly et l'antenne de Popov, il émet pour la première fois des signaux qu'il capte dans le jardin de ses parents. Il a 22 ans. Cette date peut être retenue par de nombreux historiens comme la date de naissance de la radio si on considère qu'il s'agit de la première transmission de signaux télégraphiques sans fil. C'est également la date du premier brevet de radiotélégraphie déposé.

1898 : Ducretet et Popov réalisent la première transmission sans fil du haut de la Tour Eiffel vers le Panthéon

marconi emission

1899 : Marconi réalise la première émission radio entre la France et l'Angleterre..

1907 : Lee de Forest réalise la première expérience réussie de transmission de la voix sans fil. L'expérience est renouvelée un an plus tard depuis la Tour Eiffel avec la diffusion de disques captée par un récepteur à Melun et à Villejuif. Un canadien, Fessenden, revendique également cette première diffusion de la voix humaine avec une antériorité de 6 mois.

1913 : Le français Raymond Braillard et le belge Robert Goldschmitt diffusent pour la première fois des messages à destination d'auditeurs inconnus depuis Laeken en Belgique.

1914 : Braillard et Goldschmitt etransmettent la première émission de radiodiffusion régulière de détente : un concert dédié à la Reine Elisabeth de Belgique. Un concert sera retransmis régulièrement tous les samedis jusqu'au déclenchement de la guerre qui stoppera cette expérience.

1920 : Première retransmission aux Etats Unis d'une véritable émission de radio : le 2 novembre 1920, KDKA diffuse un reportage sur l'élection présidentielle de Warren G. Harding et des disques.br/>
1921 : Naissance des premières stations de radio destinées à diffuser un programme quotidien en direction du grand public. Il s'agit de "KDKA" aux USA, "Nederlandse Radio Industrie" aux Pays-Bas et du "Poste de la Tour Eiffel" en France qui diffuse sa première émission quotidienne le 24 décembre 1921 sous l'impulsion du Général Ferrié.

1922 : Le 6 février est retenu comme la date officielle de l'inauguration des émissions quotidiennes du Poste de la Tour Eiffel, et comme la date de naissance de la première station de radiodiffusion française

Quelques mois après l'inauguration du Poste de la Tour Eiffel, le secteur privé lance aussi sa première station de radio : "Radiola".

A coté de l'armée (Poste de la Tour Eiffel), des fabricants de radios (Radiola, Radio LL), du Ministère des PTT (Paris PTT), la presse ne sera pas en reste : Le journal "Le Petit Parisien" créera la station privée "Le Poste Parisien".

En province, le phénomène se développe également : le secteur public, par l'intermédiaire des PTT, et le secteur privé y créent de puissantes stations. La bande FM n'étant pas encore découverte, les stations émettent sur OM, OC ou GO, ce qui explique que les radios de province sont entendues non seulement sur tout le territoire mais également dans l'Europe entière. La puissante station privée Radio Toulouse se flatte également d'être audible dans le monde entier.

Si la technique évolue vite grâce aux inventeurs et bricoleurs divers qui se nomment entre eux "les sans filistes", les programmes ne font pas preuve d'une grande diversité et sont plutôt austères. Qu'elles soient privées ou d'Etat, les radios diffusent des conférences ennuyeuses, entrecoupées de concerts de musique classique, souvent diffusés en direct du studio appelé encore auditorium.

Néanmoins, les premiers hommes de radio, généralement anciens comédiens ou artistes, inventent ce métier nouveau et sont à l'origine des premiers journaux parlés, des premiers reportages sportifs en direct, des premiers jeux, débats ou feuilletons radiophoniques et des premières publicités radiodiffusées. Bref, tout ce qui fait la radio du XXIéme siècle a été inventé par ces pionniers.

Le phénomène se renouvellera moins de deux décennies plus tard, lorsque ces mêmes hommes de radio ou de la presse écrite devront à nouveau tout inventer pour un nouveau support : la télévision.

Gilbert DENELE

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ACTIVITES MINIERES DANS LA REGION DE BÉTHUNE

1. Rappel historique de l’exploitation minière dans le Nord-Pas de Calais: Le charbon est exploité bien avant l’an mille dans les régions de Liège, Charleroi et Mons, où les affleurements sont fréquents.
Longtemps concurrencée par le bois, l’exploitation connaît une évolution favorable au 18ème avec la disparition progressive des forêts et le développement de l’industrie (fours à chaux, verreries et forges etc.). C’est le charbon de terre pour le différencier du charbon de bois.
Les premières exploitations naissent dans les bassins de Mons et Charleroi qui approvisionnent la Picardie, l’Artois et la Flandre française.
Les guerres de Louis XIV et le traité de Nimègue (1678-1679) qui rendent à l’Espagne Mons, Charleroi, Binche et Courtrai, coupent le Hainaut en 2 parties : les utilisateurs français deviennent donc tributaires de leurs anciens compatriotes. Ceci entraîne une fuite des devises.
Le gouvernement royal encourage donc les recherches à Condé, Fresnes sur Escaut et Valenciennes. Ces recherches nombreuses et infructueuses entraînent souvent la ruine des entrepreneurs.

Les premiers grands travaux de recherche commencent en 1716.

• 1ère société : 1716 : travaux à Fresnes par la Compagnie Deseaubois avec Jacques Mathieu ; abandon en 1717.

• 2ème Société Deseaubois en août 1718, dans une pâture appartenant à Jeanne Colard. Pierre Mathieu invente le cuvelage carré avec picotage pour vaincre les difficultés dues au terrain et à l’eau. Coût élevé : 132.687 livres au lieu des 12500 livres prévues. Après 18 mois d’efforts, le 3 février 1720, à la profondeur de 300 pieds, découverte d’une veine de 4 pieds d’épaisseur ( 1 pied = 33 cm), mais c’est du charbon maigre. Catastrophe : envahissement du puits par les eaux et disparition de la Société.

• 3ème Société : Société Desandrouin-Taffin : 9 fosses sont creusées et conduisent à la découverte de charbon gras.
• 4ème Société : Société Desandrouin-Cordier sur le territoire de Vieux Condé en 1741.

• Enfin la Compagnie d’Anzin est créée en 1757.

Cette énumération n’a d’autre but que de montrer la persévérance et le goût du risque des sociétés privées de l’époque.

L’extension des reconnaissances dans le département du Pas de Calais n’a commencé qu’en 1846. Elle s’est poursuivie d’est en ouest jusque dans le Boulonnais, où une concession de recherche dite de Ferques avait déjà été accordée en 1837 à la suite de la découverte d’affleurements, en 1835, au lieu dit « le Roch ».

En fait la formation carbonifère s’étend sur 500km, d’est en ouest de Dortmund en Westphalie, jusqu’à Hardinghem dans le Boulonnais.

2. l’activité minière aux environs de Béthune avant 1944

Cette activité s’est développée au sein des compagnies de Béthune, de Noeux et de Vendin.

2.1 Compagnie des Mines de Béthune :

Historique de la Compagnie :

- Le 1er octobre 1850 une compagnie de recherches dite de Béthune effectue des sondages à Haillicourt et Bruay et découvre la houille.
- Elle poursuit ses recherches avec succès à Bully, Grenay et environs.
- Une autre société Lecomte et Lalou fait des sondages positifs à Bruay pour le compte de la Société de Béthune et revend à cette dernière les droits résultant de ses recherches.
- Le 25 septembre 1851 la Compagnie de Recherche de Béthune se constitue en Société d’Exploitation des Charbonnages de Bruay. Elle veut faire valoir également ses droits sur Bully-Grenay, mais le décret du 26 septembre 1852 interdit les réunions de concessions. La Compagnie de Béthune revend donc ses actions de Bruay à Mr Lecomte . Ceci lui permet d’obtenir la concession sur le secteur de Bully-Grenay sous le nom de concession de Grenay, par décret du 15 janvier 1853, sur 5761 ha.


canal

Bois de mines au canal de Béthune

vendon

Vestiges de Vendin en 1999

marles

Quai de Marles 2003

Ensuite par décret du 21 juin 1877, elle reçoit une extension de 591 ha, à la suite d’un sondage important à Aix-Noulette.
- Il en résulte que la Compagnie de Béthune n’exploite rien à proximité immédiate de Béthune.
Différents renseignements concernant les fosses de la Compagnie de Béthune sont donnés en annexe 1.


Evènements significatifs :
Fosse 1 de Bully: 18 ouvriers sont morts asphyxiés par les fumées d’un incendie en novembre 1869 suite à l’explosion d’une chaudière au fond.
Fosse 4 de Vermelles : abandon de l’exploitation en 1877, gisement difficilement exploitable à l’étage 250m. Reprise en 1911 à 387m.
Fosse 8 d’Auchy : les installations du jour sont occupées par les Allemands du 11 octobre 1914 à octobre 1918. Les mineurs français descendaient par le 9 et le 3. En 1917 les Allemands envoient des gaz asphyxiants dans les travaux du 4 et du 9.

2.2 Compagnie des Mines de Noeux :

Historique de la Compagnie :
La Compagnie des Mines de Vicoigne possède une concession près de Valenciennes. Son Directeur Mr de Bracquemont organise des sondages dans la région de Loos en Gohelle vers 1850, puis à Noeux, Sains-en- Gohelle, Hersin, Annequin et Douvrin. La demande de concession est acceptée le 15/01/1853 et avec extension le 30/12/1857.
Différents renseignements concernant les fosses de la Compagnie de Noeux sont donnés en annexe 2.

Evènements significatifs :

Fosse 1 de Noeux : le 22/02/1852n la première charrette de charbon entre à Béthune et est distribuée aux habitants. En 1858 la production est de 1800 hl par jour. Le 7 juin 1885 un coup de poussière tue 3 mineurs.
Fosse 2 de Noeux : 1858, production 1300 hl par jour.
Fosse 8 de Verquin : la maquette des installations de Verquin est présentée à l’Exposition Universelle de 1900.
Fosse 9 d’Annequin : le 17 avril 1917 une explosion de grisou fait 42 tués et 11 blessés
Fosses 11 et 11bis de Fouquières. Les travaux ont commencé en 1908 mais les fosses ne fonctionnent qu’en 1920 pour cause de guerre.

2.3 Compagnie des Mines de Vendin :

Historique de la Compagnie :
:

La Société de Recherche Hanon établit un sondage positif à Vendin le 26/10/1854 à 196m, 2ème sondage positif à Oblinghem à 201m le 10/11/1855, 2 autres sondages sont positifs à Annezin et Chocques. La Société Hanon se constitue en société d’exploitation dite Compagnie de Vendin et forme une demande de concession. Un décret du 6/05/1857 accorde à la Compagnie de Vendin, dont le siège légal est à Béthune, une concession sur 1166 ha.:

A partir de 1877 la Compagnie comprend 2 fosses à Annezin.:
- 1879 : production : 62 298 t, effectif : 460 ouvriers
- 1880 : production : 33 000 t seulement de charbon maigre.

En mars 1900 les 2 fosses sont envahies par les eaux. L’exploitation cesse. Les ouvriers sont embauchés par les Compagnies de Marles et de Bruay.
Le 1er février 1912 la Compagnie est déclarée en faillite et une nouvelle Compagnie se constitue : la Compagnie des Charbonnages de Vendin lez Béthune. Deux nouveaux puits sont creusés à Vendin. En 1913 la production est de 20 000 t.
Pendant la guerre 14-18 la Compagnie augmente sa production jusqu’à 298 8175 t. (1917). L’effectif est renforcé par les ouvriers qui viennent des autres mines occupées. En avril 1918 les anglais ayant installé leur artillerie à proximité de la fosse les chevalements sont détruits par les canons allemands. De plus, la centrale de Chocques atteinte par des obus ne fournit plus d’électricité et, les pompes d’exhaure ne fonctionnant plus, les travaux souterrains sont inondés. Les dommages sont réparés avant la fin de la guerre et la production s’élève à 13 000t par mois. Ce rendement exceptionnel entraîne l’épuisement prématuré du gisement.
En 1930 la Compagnie cesse toute activité dans le Béthunois. La Compagnie achète la Société de Ferques et d’Hardhinghem dans le Boulonnais. Le chevalement est démonté et reconstruit sur le site d’Elinghem.

Différents renseignements concernant les fosses de la Compagnie de Vendin sont donnés en annexe 3.


puits de vendin

     Puits 1 et 2 de Vendin

Evènements significatifs :

Fosse 0 ( la Paix ) à Vendin: pourrait devoir son nom à la victoire de Sébastopol le 8 septembre 1855 . Ce puits est abandonné à 25 m de profondeur à cause des sables mouvants.
Fosse 1 d’Annezin: cette fosse se trouvait à 1500 m de la fosse 0, près du village d’Annezin, à proximité du chemin de Fouquereuil. Grandes difficultés de creusement également : il faut creuser 2 puits parallèles à faible distance l’un permettant l’évacuation de l’eau. Il faut 8 pompes d’exhaure débitant jusqu’à 52 000 m3 par 24 heures !. Inondée en 1900.
Fosse 2 d’Annezin: les travaux commencent en 1873 à 2250m à l’ouest de la fosse 1. Inondée en 1900, avec la fosse 1.
Fosses 1 et 2 de Vendin : bombardées en 1918.


puits

Initialement le puits 1 ne sert qu’au retour d’air, l’extraction se faisant par le puits 2. Puis l’extraction a été reportée sur le puits 1

chargeur

            Chargeur quai de Marles


Activités sociales des compagnies minières avant 1944

Les compagnies minières, dès leur création, durent faire face à des problèmes de recrutement, de logement et de formation, les structures locales n’étant pas en mesure d’y répondre. Les solutions apportées furent sensiblement les même d’est en ouest du bassin minier.

corons

     Corons d'Annezin: rue du 8 mai

Habitations
Très rapidement un pourcentage important du personnel est logé dans des maisons construites par les compagnies. Ces maisons sont alors louées ( 3 à 7 Frs par mois à la Compagnie de Béthune en 1880 ).
A l’origine les maisons sont construites en longs alignements regroupés sous le nom de corons. Par la suite, les maisons sont construites souvent par deux et forment des cités-jardins avec larges avenues plantées d’arbres avec trottoirs, fil d’eau, canalisations d’eau potable et éclairage électrique. Les tableaux en annexe donnent des indications sur l‘évolution de ce parc immobilier

Oeuvres sociales

Les cités sont groupées autour des sièges d’exploitation pour former des centres complets avec ce qui est nécessaire à la vie sociale : église, garderies, cercles et lieux de réunion, terrain pour les jeux, écoles. Celles-ci sont entretenues entièrement par les compagnies, avec enseignement et fournitures gratuites. L’éducation est complétée par : « l’enseignement ménager destiné à donner aux jeunes filles les principes de l’économie domestique indispensable aux épouses d’ouvriers. La Compagnie procure aux jeunes filles le moyen de venir en aide à leur famille en travaillant dans des ateliers de couture et autres ou on met gratuitement à leur disposition des métiers et machines mus à l’électricité » ( extrait d’une note de la Compagnie de Béthune de 1913).

Protection médicale

En raison des nombreux accidents et de la pénibilité du travail, une prévoyance sociale est rapidement mise en place. Des caisses de secours sont créées. La Compagnie de Vendin par exemple crée la sienne en 1861. Elles sont en général alimentées par une retenue sur salaire de l’ordre de 3%, une cotisation patronale équivalente et le reversement de toutes les amendes infligées au personnel pour faute professionnelle. Ces dispositions attirent la main d’œuvre des communes environnantes. Des disparités existent néanmoins quant au niveau des prestations et de l’organisation suivant les secteurs.
La loi du 29 juin 1894 a institué une protection obligatoire pour les mineurs, 36 ans avant la généralisation en France des assurances sociales. Cette protection repose sur deux principes fondamentaux :
- protection sociale ( maladie et vieillesse ) obligatoire,
- financement assuré à la fois par les exploitants et les travailleurs. A titre d’exemple, en 1913, la Compagnie de Béthune possède une caisse de secours qui assure en cas de maladie, la gratuité des soins et des frais pharmaceutiques ; l’ensemble de la concession est divisé en circonscriptions, à chaque circonscription est attaché un médecin.

Les femmes et les enfants dans la mine

Le décret de 1813 fixe à 10 ans l’âge minimum d’embauche et à 12 ans révolus pour les travaux du fond. Mais cette préconisation n’est respectée nulle part.
En 1874 la loi impose 12 ans comme âge minimum d’embauche et interdit le travail de nuit pour les plus jeunes.
En 1876 (ou 1892 ) la loi proscrit l’emploi des femmes dans les travaux souterrains

3. L’activité minière aux environs de Béthune après 1944

La nationalisation des anciennes compagnies s’effectue en deux temps :
- Ordonnance du 13 décembre 1944 qui institue les Houillères nationales , dont celles du Nord-Pas-de-Calais. Le transfert des propriétés est réel, mais les actionnaires des anciennes compagnies reçoivent une indemnité de 8 francs à la tonne produite. Trois actionnaires participent au comité consultatif assistant le Directeur Général. La gestion et l’administration sont assurées par l’Etat.
- Loi du 17 mai 1946 qui crée les Charbonnages de France ainsi que les Houillères du Bassin du Nord et Pas- de -Calais (HBNPC). Le transfert de propriété à la Nation est complet et les anciens actionnaires reçoivent une indemnisation sous forme d’obligations. Le Bassin du Nord et du Pas-de-Calais d’une superficie de 1150km2, qui, avant la guerre était réparti en 20 concessions, est constitué désormais de neuf groupes, dont celui de Béthune ayant à leur tête un Directeur Délégué.

En 1946, la production des HBNPC s’élève à 60% de la production française : 100.000t. par jour. L’effectif est de 200.000 ouvriers.
L’exploitation est partout difficile. Le terrain houiller présente des variations d’épaisseur considérables. Les veines exploitables sont environ 150, avec une épaisseur qui va de 0,50 à 1,50m atteignant parfois dans le Pas –de- Calais 2,75 à 4 mètres. Toutes les natures de charbon sont représentées, de l’anthracite aux flénus en passant par les maigres les demi-gras et gras. Cette grande variété de combustibles a engendré une importante industrie de transformation : cokeries, industries chimiques, centrales thermiques, usines d’agglomération etc.… L’objectif de production fixé par le plan Monnet aux HBNPC est de 125.000t. par jour, soit 36 millions de tonnes par an à partir de 1955. Pour atteindre ce but, un effort d’équipement et de modernisation doit être entrepris. Les anciennes compagnies et les méfaits de la guerre ont laissé les installations en mauvais état. Le programme de restructuration comprend : la fermeture des sièges non rentables, le regroupement sur de grosses unités d’extraction (concentration), l’électrification des chantiers du fond.

3.1 : le Groupe de Béthune :

Le Groupe de Béthune est constitué des anciennes Compagnies de Béthune et de Noeux.

Toutes les catégories de charbon y sont exploitées : au nord, des maigres dans les fosses 3,6 et 8 de l’ex- Compagnie de Noeux et 4,8 et 9 de l’ex- Compagnie de Béthune ; au centre et au sud-est ,des charbons demi-gras et gras dans les fosses 2, 4 et 5 de Noeux et 1,2,3,5,6,7,10 et 11 de Béthune; enfin des flénus au sud-est : la fosse 7 de Noeux. En 1946, production de 12 792 t par jour en 18 sièges (26 puits d’extraction et 12 d’aérage et service ), 2 lavoirs centraux : un à Noeux, l’autre à Mazingarbe. Trois centrales électriques brûlent les charbons impropres à la vente : Bully, Mazingarbe et Beuvry. A Noeux , une usine d’agglomération produit des boulets et des briquettes. Les usines chimiques de Mazingarbe produisent de nombreux dérivés des gaz de fours à coke. Deux rivages, l’un à Beuvry, l’autre à Violaines, permettent l’expédition du charbon par voie d’eau. En 1955, le réseau du groupe comprend 206 km de voies ferrées, 3200 wagons et 60 locomotives pour les dépôts de Bully et Noeux.

Dès les années 1960, il est prévisible que le groupe de Béthune éprouvera d’importantes difficultés à survivre. Le gisement arrive pratiquement à épuisement pour de nombreuses fosses. Restées libres durant la guerre 14/18, elles furent surexploitées. En outre, le gisement du groupe est très morcelé, coupé de failles plates. Les veines sont très sales. La production reste cependant à 9000 t nettes par jour fin 1964. Le groupe est alors composé de deux secteurs : le premier avec les fosses 6 de Noeux , 4 7 et 9 de Béthune, le deuxième avec les fosses 5 et 11 de Béthune et 7 et 8 de Noeux. Le numéro 13 forme un ensemble indépendant. Le groupe a produit 2.530.000 tonnes nettes de charbon en 1963 ( en 1952 : 3 .847.000t). En 1966, il reste cinq sièges en activité : le 5 et le 11 de Béthune, le 7, le 8 et le 13 de Noeux. Le rattachement au Groupe de Lens est effectif au 1er janvier 1967.

Bibliographie :

- 1 : « Histoire des Mines du Nord et du Pas de Calais des origines à 1939-45 et 1946 à 1992 » ( tomes 1 et 2) par Guy Dubois et Jean-Marie Minot.
- 2 : « les houillères de la concession de Vendin les Béthune » par André Duwez (2004).
- 3 : « Traité de l’exploitation des mines » par Ch. Combes (1844).
- 4 : « Bassins houillers du PdC et du Boulonnais » par Mrs Fèvre et Cuvelette ( 1900)


Annexe 1 : Les fosses de la Compagnie des mines de Béthune

Fosses Lieu Mise en exploitation Profondeur en mètres Fermeture production totale
1
Bully-les-Mines
1853
583
1972
1 500 000 t
2
Mazingarbe
1859
1970
3
Vermelles
1860
1963
4
Vermelles
1867
387
1964
5
Loos en Gohelle
1875
463
1968
6
Mazingarbe
1876
472
1964
7
Mazingarbe
1877
398
1965
8
Auchy les Mines
1893
399
1963
9
Annequin
1896
1964
10
Sains en Gihelle
1903
791
1973
11
Gosnay
1908
1966
12
Annequin
1909
520
retour d'air du 9

Evolution des effectifs :
en 1870 : 1 236 ouvriers dont 991 au fond et 245 au jour
en 1890 : 4 408 ouvriers dont 3 800 hommes, 430 enfants et 178 femmes
en 1897 : 5 633 ouvriers dont 4500 hommes, 840 enfants et 293 femmes
en 1910 : 8 982 ouvriers dont 6873 au fond et 2109 au jour
en 1917 : 10 542 ouvriers dont 3 429 au fond et 7113 au jour
en 1939 : 11 292 ouvriers dont 8 146 au fond et 3 146 au jour.

Evolution de la production :

en 1890 : 1 000 000 tonnes
en 1897 1 410 000 tonnes
en 1910 : 1 930 000 tonnes
en 1916 : 465 125 tonnes
en 1917 : 630 000 tonnes.

En 1920 la Compagnie possède 384 fours à coke, 2 ateliers de lavage et 104 km de chemin de fer.
En 1939 la Compagnie possède 160km de voies ferrées, 296 fours à coke à Bully -les -Mines, 2 ateliers de lavage.
A noter que la Compagnie de Béthune est autorisée par décrets de 1863 et 1865 à prolonger ses lignes de chemin de fer jusqu’à Béthune et Lille.


Annexe 2 : les fosses de la Compagnie des mines de Noeux

Fosses Lieu Mise en exploitation Profondeur en mètres Fermeture production totale
1(de Bracquemont)
Noeux
1852
1961
2(Dupont)
Hersin-Coupigny
1856
1962
18 092 000 t
3(Parsy)
Noeux
1864
725
1961
18 092 000 t
4(Marsilly)
Hersin-Coupigny
1868
819
1962
15 660 000 t
5(Wallerand)
Barlin
1875
1952
15 059 000 t
6(Davaine)
Labourse
1882
685
1965
7(Bonnel)
Baelin
1883
861
1967
22 420 000 t
8 et 8 bis(Renrd)
Verquin
1902
1968
14 410 000 t
9 et 9 bis(Warenghien)
Hersin-Coupigny
1908
925
?
?
10
Hersin-Coupigny
1911
891
Aérage du 4?
10 bis
Bouvigny
1914
?
15 059 000 t
11 et 11 bis
Fouquières
1920
1930
537 000 t
13
Sains en Gohelle
851
1972
8 421 000 t

Effectifs :
en 1867 : 1 438 ouvriers dont 119 filles de 11 à 18 ans, 195 garçons de 10 à 16 ans (dont 173 au fond )
en 1910 : 8 111 dont 6147 au fond et 1964 au jour.

Production :
en 1852 : 9 128 tonnes
en 1858 : 102 327 tonnes
en 1868 : 2 050 555 tonnes
en 1878 : 486 312 tonnes
en 1910 : 1 590 000 tonnes.

Maisons :
en 1858 : 218
en 1867 : 424
en 1878 : 800.
Ces maisons, à l’époque, sont louées au personnel.

Ecoles : la 1ère école est créée en 1855, la 2ème ( pour filles ) est créée en 1867. En 1872 ,trois écoles, appartenant à la Cie accueillent 1150 élèves.

Caisse de Secours : créée à l’image de ce qui existait déjà dans d’autres compagnies, alimentée par une retenue sur salaire de 3%, une cotisation patronale et le reversement par la Cie des amendes perçues.

Coopérative : créée en 1876.

Annexe 2 : les fosses de la Compagnie des mines de Vendin

Fosses Lieu Mise en exploitation Profondeur en mètres Fermeture production totale
0)
Chocques
pas mise en service
Arrêt du dorage en 1856
1
Annezin
1861
364
1962
2
Annezin
1877
328
1961
18 092 000 t
1 et 2
Vendin
1913
395
1962
15 660 000 t

Patrimoine immobilier :
en 1859 : rachat du château d’Annezin qui devient la demeure du Directeur.
En 1861 la Cie possède 41 maisons d’ouvriers ; en 1877 elle en possède 120.

Evolution des effectifs :
en 1869 : 314 ouvriers, dont 259 au fond et 55 au jour
En 1878 : 453 ouvriers, dont 350 au fond
en 1883 : 303 ouvriers, dont 243 au fond, parmi lesquels 25 enfants.

Caisse de secours : créée en 1861.

Ecole : créée en 1877 à Annezin. Il semble que le fonctionnement de cette école était à la charge de la Caisse de secours.

Jean BOONE
Pierrette GUILLAIN


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UNE LETTRE DE 1919

Voilà un témoignage intéressant tant sur notre 73è régiment d’Infanterie, que sur la situation de Béthune début 1919, et sur un incident survenu lors des funérailles d’un commandant.
PS – la confrérie des Charitables n’a pas été créée par des bourgeois, mais en 1188 par deux maréchaux-ferrants.

Cher Monsieur et Ami,

Votre lettre me rappelle des souvenirs bien anciens de mon séjour à BETHUNE en 1919. Vous excuserez dans ma relation des faits quelques absences dues à l’éloignement et à mon âge, mais votre doyen retrouvera à l’Etat Civil de Béthune la date exacte, la population en 1919 étant assez réduite, et les obsèques d’un commandant plutôt rares.

Voici succinctement ma relation de la découverte des Charitables de Béthune et les faits qui en découlent.

Blessé dans la Somme le 12 octobre 1916, je fus, à mon retour aux Armées, muté d’abord au 273è puis, devenu officier, au 73 è R.I.. Ce régiment du Nord tenait en 1914 garnison à Béthune et faisait brigade avec le 33 è d’Arras, Colonel PETAIN et Lieutenant DE GAULLE. Durant la guerre, le 73 è et le 273 è avaient été mutés à Périgueux.
Voilà comment, méridional de naissance, je fis la guerre en 1917 et 18 au 1er corps avec mes bons camarades Ch’timi et aux accents du p’tit Quinquin.

Après la débâcle allemande, nous entrâmes fin novembre 1918 en Sarre et notre corps vint occuper la région Mayence, Wiesbaden.
J’étais avec ma compagnie dans les faubourgs de Wiesbaden, quand cette même compagnie fut désignée par le Général GUILLAUMAT pour revenir à BETHUNE préparer le cantonnement du régiment. La ville n’avait que partiellement souffert de la proximité du front, par contre Lens était complètement rasé. Beaucoup de travaux nous attendaient, en particulier à la caserne.

Ayant été désigné, avec ma section, pour rendre les honneurs militaires à la dépouille d’un commandant décédé subitement, je me rendis avec mes hommes à la maison mortuaire, très surpris de voir arriver de vieux messieurs, de noir habillés en habits du 19ème siècle. J’appris alors qu’ils faisaient partie d’une société de Charitables créée par la bourgeoisie à une époque de calamité pour porter en terre les habitants de BETHUNE décédés.
Je fis présenter les armes et disposais mes hommes de chaque côté du cercueil, et, avec mon sabre, pris la tête du cortège.
J’avais bien remarqué au début, l’âge certain des Charitables, les mobilisés n’étant pas encore rentrés, et le poids excessif de la bière, le commandant avoisinant les 100 kilos.

Au premier tournant de rue, je me retrouvais seul, revenant sur mes pas, le cercueil était à terre. Je pris alors une décision immédiate, je fis prendre les armes de mes soldats à ces vénérables messieurs et charger le cercueil par mes jeunes hommes, et ainsi nous gagnâmes le cimetière sans aucun autre incident.

Ce fut, de mon assez longue carrière militaire, la seule fois que j’eus à commander à des civils en redingote armés de notre vieux Lebel.

9 janvier 1982
Danglès


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De la Médecine aux Armées sous le Consulat

La lettre publiée dans ce bulletin est adressée, depuis Friedberg, quelques jours après la bataille de Marengo, par son supérieur à Jean-Claude Garrigue, docteur en Médecine, chirurgien. Celui-ci est en poste à Augsbourg, chargé de l’administration des hôpitaux installés dans les couvents de la ville. Augsbourg et Friedberg sont des villes de Bavière, appartenant aux pays d’Empire, que les Français occupaient depuis le traité de Campoformio signé avec l’Autriche le 17 octobre 1797. Nommé chirurgien-principal en mai 1812, Jean-Claude Garrigue mourra en Espagne le 23 juillet 1812
On notera l’utilisation du terme nosocomial avec la même signification qu’aujourd’hui.

Cette lettre est extraite de documents obligeamment prêtés par M. TRINQUET qui en a autorisé la reproduction. Qu’il en soit remercié.

Friedberg, le 10 messidor an 8 (30 juin 1800)

Je vous invite de plus en plus, mon brave Garrigue, à rester inflexible sur les principes, et à redoubler de zèle, s’il est possible, pour que nos pauvres malades soient aussi bien qu’ils doivent être en pays conquis. Je vous conseille de ne laisser au grand hôpital que les cas les plus graves, et d’éviter tout encombrement. Prenons garde à la contagion, à la fièvre nosocomiale et à la gangrène humide.

Lorsque vous aurez 4 ou 500 blessés d’un premier ordre, c’est autant que le local pourra en contenir, sans perdre sa salubrité. Il faut envoyer chez les nonnes tout ce qui pourra marcher, ou ne sera que médiocrement malade. Tombez sur les couvents, et résistez comme vous avez fait jusqu’à présent aux séductions de Satan. Vous avez bien justifié l’opinion distinguée que j’avais de votre moralité, empêchez la prévarication s’il est possible, ou du moins tenez ferme pour que les malades n’en soient pas les victimes.

Je vous autorise à retenir, pour votre service, les chirurgiens qui arriveront ou passeront par Augsbourg. Quand le C. Duret de 1ère classe y sera, vous lui donnerez le service extérieur et lui assignerez autant de chirurgiens qu’il en faudra. Il serait à désirer qu’à chaque couvent, il pût en avoir 2, 3 ou 4 à demeure. On vous en trouvera pour tous les besoins, il faut que les maisons religieuses où l’on enverra des malades soient chargées de tout fournir, depuis le linge et pansements jusqu’aux médicaments.

Ne nous rétractons pas sur cet article dont l’exécution sera confiée aux chirurgiens désignés par vous pour diriger le service dans chacun des dits couvents. J’attends de nos collaborateurs qu’ils feront tous leurs efforts pour que les malades soient bien. Il est juste de donner aux moines le temps nécessaire pour les approvisionnements, mais il convient, il est essentiel, de les serrer de près, autrement tout manquerait. Conduisez cela équitablement et rigoureusement. Je suis obligé d’accompagner à Munich le général en chef. Je serai de retour après-demain. Qu’à mon arrivée à Augsbourg, je trouve le service bien en train.

Il ne vous viendra plus guère de blessés, mais il y aurait de la maladresse à l’annoncer aux moines. Il faut les entretenir dans l’attente du plus grand nombre possible et avoir l’air de leur faire grâce de ce qu’on ne leur en donne pas en surcroît. Cette faveur doit passer pour être le prix de leur dévouement et bons offices.

Vous ferez sortir des Jésuites les malades que nous y avons envoyés, et cela avec précaution. Les RP tiennent les écoles publiques et ont une considération. Je joins ici l’état des ressources qu’offrent les moines de toutes espèces. Suivez-en les documents et commencez toujours par les plus riches.

J’ai oublié de donner aux Carmes leur part. Adressez leur la quantité de malades proportionnée à leurs forces et ne souffrez pas que les moines de Ste Croix se débarrassent sur ceux-la de leur charge personnelle. Si Ste Croix veut faire tous les frais de l’établissement de l’hôpital St Sébastien à ¼ de lieue de la ville, nous y enverrons les 400 malades qui leur sont destinés, et chaque jour ils subviendront copieusement aux besoins de cette maison.

Je vous salue fraternellement
LEROY

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