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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE




♦ N° 16 : CONFRERIE SAINT NICOLAS DE CHOCOUES
♦ N° 16 : PETITE HISTOIRE DE LA RADIO (1865-1925)
♦ N° 18 : UNE LETTRE DE 1919
♦ N° 18 : La MEDECINE AUX ARMÉES SOUS LE CONSULAT




CONFRÉRIE SAINT NICOLAS DE CHOCOUES

Le chanoine BERTIN écrit que la confrérie des charitables de Chocques a été fondée en 1806 (les charitables et leurs cent confréries au diocèse d'Arras, 1949).
Il s'agit là d'une restauration, puisque la confrérie existe déjà au 17ème siècle.

En 1615 Pierre DUCROCQ est inhumé dans la chapelle saint Nicolas de l'église. En fait, la chapelle représente l'autel du saint, à droite du chœ;ur

C'est en 1636 que l'on trouve la première mention des confrères. A cette date une épidémie de peste est très meurtrière 95 décès pour une moyenne annuelle de 12,6. Deux inhumations "per confratres" (par les confrères) et celle de Jacques POTIER, "sodalis S. Nicolai " (de la confrérie de saint Nicolas).

1641 : Philippe BEHIN, prévôt de la confrérie de saint Nicolas, inhumé dans la chapelle de la confrérie.
21.01.1699 : Jean MULLET et Pierre MATON, prévôt et maïeur de la charité saint Nicolas.
12.09.1699 : Pierre MATON, prévôt.
18.10.1699 : Pierre MATON, prévôt, Philippe SENECHAL, maïeur.
08.07.1701 : Philippe SENECHAL, prévôt, Antoine BELVAL, maïeur
02.06.1703 ; Philippe SENECHAL, prévôt, Antoine BELVAL, maïeur
13.06.1703 : Antoine BELVAL, prévôt, Gaspard LEFEBVRE, maïeur.
20.05.1705 : Gaspard LFEEBVRE, prévôt, Melchior DELEHEL, maïeur,
18.02.1706: etc..

On peut suivre ainsi tous les noms des prévôts et maïeurs jusqu'en 1740. Il existait deux maïeurs, le grand et le petit et en règle générale tous les 2 ans, en mai, le grand maïeur succède au prévôt, et le petit maïeur au grand.

La plupart de ces dignitaires appartiennent au monde des " notables ", les gros fermiers.
En 1422-23 Jehan NOËL et Pierre MATON sont prévôts de la " carité" saint Nicolas et paient le relief de terres appartenant à ladite charité.

Vu l'importance des bien cités je pense que la charité saint Nicolas désignait l'Hôpital du même nom à Chocques et que la confrérie des porteurs de morts en terre n'a dû se former qu'au 16ème ou 17ème siècle. Il peut s'agir d'une confraternité au sein même de l'hôpital. En effet au Moyen Âge beaucoup d'hôpitaux admettaient, moyennant finances, des frères et sœ;urs qui recevaient dès lors une prébende leur vie durant, au sein de l'hôpital. Ils jouaient parfois un rôle administratif, mais ne se livraient pas aux soins.

Albert BOURGEOIS


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PETITE HISTOIRE DE LA RADIO (1865-1925)

En marge de l'exposition " Cent ans de TSF " réalisée à l'occasion des Journées du Patrimoine, il nous a paru intéressant de retracer les étapes du développement de la radio et de clarifier un peu les idées dans ce domaine. Définir la date de naissance de la radio est aussi délicat que de donner le nom de son inventeur. La radio est une invention collective, née de la coopération d'inventeurs de diverses nations dont les travaux ont commencé au milieu du 19e siècle

1865 : Maxwell prouve l'existence des ondes électromagnétiques par une démonstration mathématique mais purement théorique.

1888 : Hertz confirme la théorie de Maxwell par une démonstration expérimentale. Les ondes hertziennes sont découvertes.

1890 : Branly invente le tube à limaille métallique détecteur d'ondes : le cohéreur.

1895 : Popov utilise la première antenne

1896 : Marconi synthétise les travaux de ses aînés en réunissant l'excitateur de Hertz, le cohéreur de Branly et l'antenne de Popov, il émet pour la première fois des signaux qu'il capte dans le jardin de ses parents. Il a 22 ans. Cette date peut être retenue par de nombreux historiens comme la date de naissance de la radio si on considère qu'il s'agit de la première transmission de signaux télégraphiques sans fil. C'est également la date du premier brevet de radiotélégraphie déposé.

1898 : Ducretet et Popov réalisent la première transmission sans fil du haut de la Tour Eiffel vers le Panthéon

marconi

Marconi

emission

1899 : Marconi réalise la première émission radio entre la France et l'Angleterre..

1907 : Lee de Forest réalise la première expérience réussie de transmission de la voix sans fil. L'expérience est renouvelée un an plus tard depuis la Tour Eiffel avec la diffusion de disques captée par un récepteur à Melun et à Villejuif. Un canadien, Fessenden, revendique également cette première diffusion de la voix humaine avec une antériorité de 6 mois.

1913 : Le français Raymond Braillard et le belge Robert Goldschmitt diffusent pour la première fois des messages à destination d'auditeurs inconnus depuis Laeken en Belgique.

1914 : Braillard et Goldschmitt etransmettent la première émission de radiodiffusion régulière de détente : un concert dédié à la Reine Elisabeth de Belgique. Un concert sera retransmis régulièrement tous les samedis jusqu'au déclenchement de la guerre qui stoppera cette expérience.

1920 : Première retransmission aux Etats Unis d'une véritable émission de radio : le 2 novembre 1920, KDKA diffuse un reportage sur l'élection présidentielle de Warren G. Harding et des disques.br/>
1921 : Naissance des premières stations de radio destinées à diffuser un programme quotidien en direction du grand public. Il s'agit de "KDKA" aux USA, "Nederlandse Radio Industrie" aux Pays-Bas et du "Poste de la Tour Eiffel" en France qui diffuse sa première émission quotidienne le 24 décembre 1921 sous l'impulsion du Général Ferrié.

1922 : Le 6 février est retenu comme la date officielle de l'inauguration des émissions quotidiennes du Poste de la Tour Eiffel, et comme la date de naissance de la première station de radiodiffusion française

Quelques mois après l'inauguration du Poste de la Tour Eiffel, le secteur privé lance aussi sa première station de radio : "Radiola".

A coté de l'armée (Poste de la Tour Eiffel), des fabricants de radios (Radiola, Radio LL), du Ministère des PTT (Paris PTT), la presse ne sera pas en reste : Le journal "Le Petit Parisien" créera la station privée "Le Poste Parisien".

En province, le phénomène se développe également : le secteur public, par l'intermédiaire des PTT, et le secteur privé y créent de puissantes stations. La bande FM n'étant pas encore découverte, les stations émettent sur OM, OC ou GO, ce qui explique que les radios de province sont entendues non seulement sur tout le territoire mais également dans l'Europe entière. La puissante station privée Radio Toulouse se flatte également d'être audible dans le monde entier.

Si la technique évolue vite grâce aux inventeurs et bricoleurs divers qui se nomment entre eux "les sans filistes", les programmes ne font pas preuve d'une grande diversité et sont plutôt austères. Qu'elles soient privées ou d'Etat, les radios diffusent des conférences ennuyeuses, entrecoupées de concerts de musique classique, souvent diffusés en direct du studio appelé encore auditorium.

Néanmoins, les premiers hommes de radio, généralement anciens comédiens ou artistes, inventent ce métier nouveau et sont à l'origine des premiers journaux parlés, des premiers reportages sportifs en direct, des premiers jeux, débats ou feuilletons radiophoniques et des premières publicités radiodiffusées. Bref, tout ce qui fait la radio du XXIéme siècle a été inventé par ces pionniers.

Le phénomène se renouvellera moins de deux décennies plus tard, lorsque ces mêmes hommes de radio ou de la presse écrite devront à nouveau tout inventer pour un nouveau support : la télévision.

Gilbert DENELE

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UNE LETTRE DE 1919

Voilà un témoignage intéressant tant sur notre 73è régiment d'Infanterie, que sur la situation de Béthune début 1919, et sur un incident survenu lors des funérailles d'un commandant.
PS - la confrérie des Charitables n'a pas été créée par des bourgeois, mais en 1188 par deux maréchaux-ferrants.

Cher Monsieur et Ami,

Votre lettre me rappelle des souvenirs bien anciens de mon séjour à BETHUNE en 1919. Vous excuserez dans ma relation des faits quelques absences dues à l'éloignement et à mon âge, mais votre doyen retrouvera à l'Etat Civil de Béthune la date exacte, la population en 1919 étant assez réduite, et les obsèques d'un commandant plutôt rares.

Voici succinctement ma relation de la découverte des Charitables de Béthune et les faits qui en découlent.

Blessé dans la Somme le 12 octobre 1916, je fus, à mon retour aux Armées, muté d'abord au 273è puis, devenu officier, au 73 è R.I.. Ce régiment du Nord tenait en 1914 garnison à Béthune et faisait brigade avec le 33 è d'Arras, Colonel PETAIN et Lieutenant DE GAULLE. Durant la guerre, le 73 è et le 273 è avaient été mutés à Périgueux.
Voilà comment, méridional de naissance, je fis la guerre en 1917 et 18 au 1er corps avec mes bons camarades Ch'timi et aux accents du p'tit Quinquin.

Après la débâcle allemande, nous entrâmes fin novembre 1918 en Sarre et notre corps vint occuper la région Mayence, Wiesbaden.
J'étais avec ma compagnie dans les faubourgs de Wiesbaden, quand cette même compagnie fut désignée par le Général GUILLAUMAT pour revenir à BETHUNE préparer le cantonnement du régiment. La ville n'avait que partiellement souffert de la proximité du front, par contre Lens était complètement rasé. Beaucoup de travaux nous attendaient, en particulier à la caserne.

Ayant été désigné, avec ma section, pour rendre les honneurs militaires à la dépouille d'un commandant décédé subitement, je me rendis avec mes hommes à la maison mortuaire, très surpris de voir arriver de vieux messieurs, de noir habillés en habits du 19ème siècle. J'appris alors qu'ils faisaient partie d'une société de Charitables créée par la bourgeoisie à une époque de calamité pour porter en terre les habitants de BETHUNE décédés.
Je fis présenter les armes et disposais mes hommes de chaque côté du cercueil, et, avec mon sabre, pris la tête du cortège.
J'avais bien remarqué au début, l'âge certain des Charitables, les mobilisés n'étant pas encore rentrés, et le poids excessif de la bière, le commandant avoisinant les 100 kilos.

Au premier tournant de rue, je me retrouvais seul, revenant sur mes pas, le cercueil était à terre. Je pris alors une décision immédiate, je fis prendre les armes de mes soldats à ces vénérables messieurs et charger le cercueil par mes jeunes hommes, et ainsi nous gagnâmes le cimetière sans aucun autre incident.

Ce fut, de mon assez longue carrière militaire, la seule fois que j'eus à commander à des civils en redingote armés de notre vieux Lebel.

9 janvier 1982
Danglès


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De la Médecine aux Armées sous le Consulat

La lettre publiée dans ce bulletin est adressée, depuis Friedberg, quelques jours après la bataille de Marengo, par son supérieur à Jean-Claude Garrigue, docteur en Médecine, chirurgien. Celui-ci est en poste à Augsbourg, chargé de l'administration des hôpitaux installés dans les couvents de la ville. Augsbourg et Friedberg sont des villes de Bavière, appartenant aux pays d'Empire, que les Français occupaient depuis le traité de Campoformio signé avec l'Autriche le 17 octobre 1797. Nommé chirurgien-principal en mai 1812, Jean-Claude Garrigue mourra en Espagne le 23 juillet 1812
On notera l'utilisation du terme nosocomial avec la même signification qu'aujourd'hui.

Cette lettre est extraite de documents obligeamment prêtés par M. TRINQUET qui en a autorisé la reproduction. Qu'il en soit remercié.

Friedberg, le 10 messidor an 8 (30 juin 1800)

Je vous invite de plus en plus, mon brave Garrigue, à rester inflexible sur les principes, et à redoubler de zèle, s'il est possible, pour que nos pauvres malades soient aussi bien qu'ils doivent être en pays conquis. Je vous conseille de ne laisser au grand hôpital que les cas les plus graves, et d'éviter tout encombrement. Prenons garde à la contagion, à la fièvre nosocomiale et à la gangrène humide.

Lorsque vous aurez 4 ou 500 blessés d'un premier ordre, c'est autant que le local pourra en contenir, sans perdre sa salubrité. Il faut envoyer chez les nonnes tout ce qui pourra marcher, ou ne sera que médiocrement malade. Tombez sur les couvents, et résistez comme vous avez fait jusqu'à présent aux séductions de Satan. Vous avez bien justifié l'opinion distinguée que j'avais de votre moralité, empêchez la prévarication s'il est possible, ou du moins tenez ferme pour que les malades n'en soient pas les victimes.

Je vous autorise à retenir, pour votre service, les chirurgiens qui arriveront ou passeront par Augsbourg. Quand le C. Duret de 1ère classe y sera, vous lui donnerez le service extérieur et lui assignerez autant de chirurgiens qu'il en faudra. Il serait à désirer qu'à chaque couvent, il pût en avoir 2, 3 ou 4 à demeure. On vous en trouvera pour tous les besoins, il faut que les maisons religieuses où l'on enverra des malades soient chargées de tout fournir, depuis le linge et pansements jusqu'aux médicaments.

Ne nous rétractons pas sur cet article dont l'exécution sera confiée aux chirurgiens désignés par vous pour diriger le service dans chacun des dits couvents. J'attends de nos collaborateurs qu'ils feront tous leurs efforts pour que les malades soient bien. Il est juste de donner aux moines le temps nécessaire pour les approvisionnements, mais il convient, il est essentiel, de les serrer de près, autrement tout manquerait. Conduisez cela équitablement et rigoureusement. Je suis obligé d'accompagner à Munich le général en chef. Je serai de retour après-demain. Qu'à mon arrivée à Augsbourg, je trouve le service bien en train.

Il ne vous viendra plus guère de blessés, mais il y aurait de la maladresse à l'annoncer aux moines. Il faut les entretenir dans l'attente du plus grand nombre possible et avoir l'air de leur faire grâce de ce qu'on ne leur en donne pas en surcroît. Cette faveur doit passer pour être le prix de leur dévouement et bons offices.

Vous ferez sortir des Jésuites les malades que nous y avons envoyés, et cela avec précaution. Les RP tiennent les écoles publiques et ont une considération. Je joins ici l'état des ressources qu'offrent les moines de toutes espèces. Suivez-en les documents et commencez toujours par les plus riches.

J'ai oublié de donner aux Carmes leur part. Adressez leur la quantité de malades proportionnée à leurs forces et ne souffrez pas que les moines de Ste Croix se débarrassent sur ceux-la de leur charge personnelle. Si Ste Croix veut faire tous les frais de l'établissement de l'hôpital St Sébastien à 1/4 de lieue de la ville, nous y enverrons les 400 malades qui leur sont destinés, et chaque jour ils subviendront copieusement aux besoins de cette maison.

Je vous salue fraternellement
LEROY


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