| DROITS DE JUSTICE ET CHARTES DU MOYEN ÂGE à BÉTHUNE |
Pour récompenser les Béthunois de leur attitude héroïque lors du siège de la ville par les Flamands en août 1346, Eudes de Bourgogne, seigneur de Béthune, accorde par lettres spéciales en date du 27 octobre 1346, à la cité et à ses bourgeois, le droit de construire un beffroi. |
« Sachent tous ceux qui auront connaissance de cette charte que moi Daniel, avoué d’Arras et seigneur de Béthune ai assuré à mes échevins et bourgeois de Béthune ainsi qu’à toute la ville que moi ni mes héritiers ne les placeront jamais sous la loi ni juridiction d’aucune autre ville, je ne les engagerai jamais pour dettes ou pour aliénation. A leur prière j’ai accordé ce privilège à tous mes hommes de la terre de Béthune telle que me l’a transmise mon père. Je leur ai également assuré pour l’utilité de leur commune les pâturages adjacents à la ville de Béthune à savoir tout le marais que l’on appelle vulgairement le marais du pont des Vaches tel que l’a possédé mon père et qui est contenu entre les ruisseaux du château et d’Anezin. Celui entre la rivière du château et la ville de Béthune, celui que l’on appelle de Bruisle, proche Saint-Pry, les pâturages que l’on appelle aux Chênes, situés près du lit de la rivière tels qu’ils sont renfermés entre les fossés et tes pâturages qui s’étendent entre la Chaussée de Goutoruine et le pré de l’avoué, mais je me réserve le pré de Richard et tout ce qui est contenu entre les fossés et que l’on appelle vulgairement le champ de Anezin, et j’entends qu’il continue de m’appartenir. Qu’on sache aussi que si je voulais faire un vivier pour mon usage particulier dans les pâturages précités sans que je puisse le céder à personne ou pour la sûreté de la ville je m’en réserve également le droit. Je veux aussi que l’on sache que si soit par moi, mon prévôt, mon nuntius[nb=nuntius : messager ; à l'origine du mot nonce], soit par les échevins dans l’échevinage de Béthune je fais citer quelqu’un pour délit, et s’il ne comparaît pas, les échevins doivent connaître de cette infraction et seront tenus d’appliquer l’amende selon la gravité du délit et de la faute, et si par hasard le délinquant est retenu pendant ce temps-là dans l’échevinage jusqu’à ce qu’il ait fourni des cautions j’ai le droit de l’y retenir, et il ne sera libre et acquitté que lorsque les échevins l’auront jugé. En outre si moi et les gens chargés de rendre justice en mon nom voulons avoir caution soit de cri (fore facto), soit d’argent, nous devons avoir telle caution que les échevins déclareront être suffisante; et si nous en demandions davantage et que les échevins disent: c’est assez, nous devons nous contenter de leur décision, et par là les échevins resteront quittes et libres. De plus, toutes les affaires de la ville de Béthune qui touchent à l’échevinage doivent être jugées par la loi des échevins, et je ne dois ni ne peux y contrevenir. Je reconnais même leur en avoir juré l’accomplissement. Pour le maintien de ces privilèges tous mes héritiers sont engagés pour l’avenir, Et pour que cette confirmation obtienne une stabilité perpétuelle j’ai muni ce présent titre de mon sceau. Fait l’an du Seigneur 1222, au mois de mai » |
Être bourgeois à Béthune engendrait donc des privilèges, mais aussi des contraintes. La comtesse Mahaut en 1235 fit mettre par écrit les coutumes et les privilèges dont les habitants de Béthune avaient la jouissance. |
La justice (on appelle ainsi le bailli, son lieutenant et ses sergents) ne pourra arrêter aucun bourgeois qu’en flagrant délit ou en la présence des échevins. Elle devra cependant avant de l’emprisonner l’amener par devant les échevins. Celui qui empiétera sur le terrain de son voisin ou sur celui de la ville sera jugé par les échevins à la conjure du bailli. La condamnation sera de soixante livres d’amende sur lesquelles les échevins auront cinq sols. Une amende de soixante livres sera encourue par ceux qui, hors de la banlieue, dresseront guet-à-pens contre un bourgeois. Si c’est un bourgeois qui le dresse contre un autre elle ne sera que de vingt livres, mais il sera en outre banni. Ceux qui voudront yssir (sortir) de la bourgeoisie devront abandonner à la ville le septième de leurs biens. S’ils doivent échoir à une personne non bourgeoise, ils doivent être excarsés de la septième partie seulement, excepté ce qui pourrait revenir au seigneur pour forfaiture. Si des bourgeois se font des menaces ou se disent des injures, les échevins doivent leur imposer des trêves. Les personnes qui y sont soumises devront se présenter deux fois par an au siége de i’échevinage et ne pourront être inquiétées sauf si elles sont coupables de crimes ou de bans rompus. Celles qui seront en défaut seront passibles de soixante livres d’amende» |
Par ailleurs, une ordonnance de Philippe V le Long, du mois d’avril 1347, punit l’étranger qui insulte un bourgeois de Béthune, et contient les détails les plus curieux sur l’information qui doit en être faite.. |
« Si le bourgeois injurié porte plainte, le bailli est tenu de se rendre à sa requête avec plusieurs échevins de la ville, sur le lieu où l’injure a été commise, pour y appeler les témoins de l’injurié et ceux que l’injuriant produirait pour sa justification. Alors il sera crié de par le roi, le bailli, les échevins et les mayeurs de Béthune que celui qui aurait fait cette injure ait à se présenter. Si l’injuriant veut prouver son innocence, libre à lui de se défendre; s’il veut payer l’amende il le pourra également. Dans le cas où il n se présenterait point, les échevins procéderont à une double enquête tant pour le bourgeois que pour l’étranger. Si les échevins jugent que le bourgeois a été injurié par sa faute, ils le puniront, le condamneront aux frais, et même, en certains cas à une amende au profit de l’étranger insulté, si celui-ci le requiert. Si, au contraire, de leur enquête il résulte que le bourgeois n’est point en faute et qu’il a été injurié sans cause, ils devront sommer l’étranger de comparaître par-devant eux. Sur son refus, il sera crié par la ville que tous sont appelés en armes tant à pied qu’à cheval pour se réunir au bailli et aux échevins. On sonnera la cloche du beffroi, la bannière du seigneur de Béthune, celle du bailli seront arborées; celles des échevins seront placées aux fenêtres de la halle. Si l’injuriant comparaît on procédera contre lui et l’amende pourra être commuée en pèlerinages. S’il ne se présente pas on sonnera de nouveau la cloche du beffroi pour assembler les habitants, et il sera fait assavoir de par le roi, le bailli et les échevins que chacun doit accompagner les officiers. Alors, tous ensemble, précédés des bannières de la ville iront en la maison de l’injuriant et il lui sera fait sommation de se soumettre à l’amende. S’il consent à la payer chacun se retirera paisiblement. Si l’injuriant ne paraît point, le bailli s’approchera de la maison, y frappera le premier coup, et ensuite elle sera renversée et démolie jusqu’aux fondements; les arbres du jardin seront également coupés. Si l’injuriant n’a point de maison dans l’étendue de la châtellenie de Béthune il sera banni par le bailli et les échevins jusqu’à ce qu’il se soumette à l’amende. » |
Ouvrage à la disposition des adhérents à la bibliothèque de l’Association |
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| LE BAN DES ÉCHEVINS ou l’Art de vivre à BETHUNE au 14ème siècle |
14ème siècle : ce fut à peu près à cette époque que l’on rédigea le ban des eschevins, sage ordonnance qui aurait dû préserver la ville des nombreuses difficultés qu’elle eut au siècle suivant avec les baillis des seigneurs. Ce recueil forme un code des lois et règlements qui régirent cette ville au Moyen-Age. |
le jeu de dés est interdit de nuit et de jour sous peine de trente sols d’amende. L’hôte, dans là maison duquel il aurait lieu, serait passible de la même peine, s’il ne le défendait pas. Cette défense ne s’applique pas aux jeux de table et d’échecs.
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Ouvrage à la disposition des adhérents à la bibliothèque de l’Association |
| brulées | crochets | ||
| blé de printemps coupé à 3 mois | contenance d'une benne | ||
| aubergiste | abattoirs,boucheries | ||
| lépreux,lépreuses | gantiers | ||
| tuiles | forgerons | ||
| bretèches | gardes ou contrôleurs de qualité | ||
| toile ou tente qui abrite l’étalage d’un marchand | jus de raisins verts, d oseille ou de fruit acide, saveur entre le vinaigre le citron. |
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| A PROPOS DE L’AROBASE |
Au nombre des signes et caractères manipulés quotidiennement sur nos claviers, il en est un familier à tous- débutants ou informaticiens de haut vol- : l’arobase. Ce caractère nous semble indéniablement être l’un des symboles de la « modernité communicative ». Et pourtant… L’histoire de ce signe est passionnante : il remonte à l’Antiquité, a roulé sa bosse sur les marchés et les routes commerciales du bassin méditerranéen, puis de tous les océans et mers du monde.
Son dessin énigmatique est universellement connu. Son histoire mérite d’être contée. Le signe @ utilisé en informatique vient du latin classique et de la fusion des lettres a et d en abréviation de la préposition latine « ad ». En latin cette préposition a le sens de vers (mouvement et direction). Cette préposition très fréquente en latin était abrégée ainsi : |
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Ultérieurement ce signe fut utilisé chez les Romains dans la vie courante pour indiquer le prix d’une marchandise. Exemple transposé : Plus tard, ce signe continua à être utilisé dans le commerce, mais on l’associa plutôt à une mesure de poids. Il semble que ce glissement dans l’usage se soit produit en Andalousie pendant la période musulmane. Le signe @ utilisé dans ce sens est attesté en Espagne depuis 1088. Le terme « arobase » vient de l’arabe « ar-ruba » qui signifie « le quart » d’un quintal. Le quintal arabe valait environ 46 kilos. La « arroba» espagnole valait donc et vaut encore –car cette mesure est encore utilisée parfois dans le monde rural- 11,5 kg. Comme nos anciennes mesures, sa valeur peut varier d’une région à l’autre. Elle était aussi utilisée comme unité de volume pour les liquides ou certaines marchandises en vrac comme le grain. L’usage du signe @ se généralisa dans le commerce et les anglais l’adoptèrent ; ils l’appelaient « at ». Le sens d’origine se perdit avec le temps, mais le signe subsista et certaines machines à écrire parmi les premières, avaient ce signe au clavier. En 1971, à Cambridge (Massachussetts) un programmateur de 30 ans, Ray Tomlinson, analysa le clavier de sa Model-33 Teletype. Il avait besoin d’un séparateur dans une adresse email pour l’intercaler entre le nom de la personne et le lieu où elle se trouve. Il emprunta le signe @. Certaines langues continuent à désigner le signe par des mots qui gardent la racine arabe « arrob-« . C’est le cas de l’espagnol (arroba) et du catalan (arrova). D’autres utilisent une image |
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Le document ci-contre est un inventaire de 1525. On y répertorie les meubles et ustensiles présents dans une maison appartenant au chapitre d’une localité de la région d’Avila (Vieille Castille). J’en ai fait l’acquisition par hasard il y a une quinzaine d’années.. |
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Le terme apparaît une seconde fois dans le deuxième encadré. Puis, il est abrégé, comme il le sera tout au long de l’inventaire. Nous trouvons là notre moderne « arobase ». |
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| Visite de Lessines et Mariemont |
Le jeudi 25 septembre les Amis du musée de Béthune ont visité l’Hôpital Notre-Dame-à-la-Rose de Lessines,
haut lieu de l’histoire médiévale des Flandres.
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Le parcours démarre en sous-sol par la présentation de l’évolution des bâtiments de l’hôpital à travers les siècles, du 12ème à nos jours. L’étape suivante nous conduit dans ce qui fut le dortoir des nonnes, où une reconstitution d’une cellule avec mobilier d’époque, nous permet de constater leur spartiate confort. De nombreux portraits de personnages ayant marqué de l’histoire de l’hôpital y sont installés. De nombreux objets cultuels nous sont présentés, ainsi que de bien étranges tableaux, comme un Christ barbu au corps de femme, ou un Saint Bernard buvant le lait du sein de la Vierge… La destination première de l’hôpital était de recevoir et de soigner les indigents de l’époque, malades « ordinaires », selon la charte. Mais les grandes épidémies de peste du 17è siècle amènent l’hôpital, malgré cette charte, à soigner les pestiférés. Pour la suite de la visite, le Président André Delhaye nous réserve une surprise, et nous découvrons que des liens étroits unissent Lessines et Béthune. En effet, pour soigner ou repousser la peste, l’invocation par l’hôpital à saint Eloi, qui avait à l’époque « de bons résultats », fut décidée. Et ce fut l’apparition, dans l’histoire de l’hôpital, de la Confrérie des Charitables de St Eloi de Béthune. L’hôpital a offert en 1604 à la Confrérie des reliques de St Eloi. En remerciement, la Confrérie a élevé en consoeurs et confrères les membres de l’Hôpital de Notre Dame de la Rose. En 1704, c’est la Confrérie de Béthune qui adresse à l’Hôpital une partie de la Sainte Chandelle, encore conservée actuellement à Lessines. Un mannequin en tenue de charitable et de nombreuses photos de la procession à naviaux figurent dans la salle, et de nombreux témoignages et représentations diverses de Saint Eloi furent………mais c’est une autre histoire, un autre jour. |
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La visite se poursuit par de nombreuses salles chargées d’histoire et de souvenirs, comme la bibliothèque, les appartements de Monseigneur, la salle de bain, la chapelle, l’infirmerie et la pharmacie. Puis la grande salle des malades qui a conservé son mobilier d’époque, et son haut plafond qui, selon les croyances du temps, permet « l’échange de flux » et donc purifie l’atmosphère. Un nombre très important d’outils et d’ustensiles divers de soins, de toutes les époques, y sont présents, témoignant déjà d’une certaine technique, malgré tout fort peu enviable. Outre les soins de l’âme par la prière, l’hôpital disposait également d’un important jardin de plantes médicinales. Après un bon déjeuner, la visite chez nos amis belges se poursuit par le Musée Royal de Mariemont et son exposition de parfums de l’Antiquité. |
| C’est en traversant le magnifique parc que nous atteignons l’exposition qui nous propose de redécouvrir les parfums de l’Antiquité au travers des plantes fraîches et des aromates. L’évocation des procédés de fabrication, des ingrédients, permet de comprendre l’évolution des processus |
                Mariemont
| Bien que plaisir futile et éphémère, le parfum à cette époque revêt une forme de joie de vivre, de séduction, de soins du corps dans une approche quotidienne. Le temps passant trop vite, c’est avec regret que nous avons pris le chemin du retour. |
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                Donjon de LOCHES
| Philippe de Béthune (1565-1649) comte de Selles et de Chârost est le frère puîné de Maximilien, duc de Sully. Un auteur du 18è siècle mentionne qu’ : « il est non moins recommandable à la France que Maximilien ». Il occupe d’abord des fonctions importantes en Bretagne, puis il est nommé ambassadeur de France à Rome de 1601 à 1605. Ce séjour dans la Ville éternelle ne l’empêche pas d’acheter ce qui reste de la forteresse de Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher) pour en faire une demeure digne de son rang. Il prévoit d’y construire une très longue galerie pour y installer ses manuscrits, ses peintures et ses collections de vases étrusques, ainsi que ses bronzes et ses antiques. |
                Blason de Philippe de BÉTHUNE
| A Rome, diplomate apprécié, il est en relation avec les artistes et les mécènes qui les protègent. C’est ainsi qu’il visite l’atelier du Caravage, peintre déjà renommé pour ses œuvres … et ses frasques. Il lui achète un premier tableau, puis trois autres, ce qui l’amène par la suite à le faire sortir de la Tor di Nona, prison où le Caravage avait été incarcéré pour un crime. |
                CARAVAGE :l'incrédulité de St Thomas
| Philippe de Béthune s’installe enfin au château de Selles où il meurt en 1649. Ses collections sont alors partagées entre ses enfants : ses manuscrits sont légués à Louis XIV et se trouvent à la Bibliothèque Nationale. C’est son fils aîné Hippolyte qui transfère les Caravage à la Chartreuse de Liget, située à quelques lieues de Loches. Saisies à la Révolution, elles sont gardées à l’hôpital de la ville, et de là, accrochées dans la nouvelle église Saint-Antoine, aménagée en 1813. |
                CARAVAGE :La Cène à Emmaüs
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Grammage et Delocre qui vivaient au XVI° siècle font état de l’érection ou de la reconstruction vers l’an 937, au faubourg de Catorive, d’une église dédiée à St-Vaast. Elle aurait eu lieu par les soins pieux d’Hermanus, seigneur de Béthune et d’Eva son épouse.
Ils sont cependant les seuls à le mentionner et Jean DUCHESNE dans son histoire généalogique de la maison de Béthune publiée en 1639, n’a même pas découvert le nom d’Hermanus, ni fait mention, dans les donations qu’il a enregistrées avec un soin minutieux d’une église dédiée à St-Vaast.
Il est probable que, si une église eût existé au faubourg de Catorive, les seigneurs de Béthune eussent augmenté les donations faites par leurs prédécesseurs, et non fondé à quarante ans de distance la collégiale de St. Barthélemy, dans un siècle où les temples étaient encore si rares. Le premier seigneur de BETHUNE auquel on peut se référer avec certitude, est Robert 1er (né vers 980 et mort en 1037) surnommé « fasciculus » ou « le faisseux » soit pour avoir adopté dans ses armoiries des bandes ou « fasces », soit pour avoir établi des impôts sur les faisceaux ou balles de marchandises, soit pour avoir fait renaître l’usage d’une parure de chausses appelée bande de vermeil (fasciolae crurales vermiculaiae), soit par allusion au port des faisceaux de verges, introduit à Rome par Tarquin le Vieux. Il est « avoué » ou protecteur de Saint-Vaast d’Arras (Au Moyen Âge, l'avoué est un laïc dirigeant les vassaux d'une institution ecclésiastique et protégeant l’abbaye contre les attaques si fréquentes : c’était un titre honorable, recherché même par les rois, qui n’était attribué qu’à des seigneurs que l’abbaye jugeait suffisamment puissants pour pouvoir assurer leur protection) et se disait par la grâce de Dieu « Seigneur de Béthune, de Richebourg et de Carency ». Sa filiation est inconnue : on admet pourtant qu’il descendrait des anciens comtes d’Artois qui faisaient battre monnaie à leur effigie. Jean Duchesne le fait descendre d’Adalelme ou Adelelme, gouverneur ou comte des Atrébates, et de son épouse Adeline, fille du comte de Laon, nièce à la mode de Bretagne d'Eudes, roi de France et de Robert, duc de France, son frère ; d’autres le relient à Baudouin « bras de fer » premier comte de Flandre et à son épouse Judith, fille de Charles le Chauve et donc directement à Charlemagne Cependant la famille de BETHUNE n’a pas besoin de ces filiations prestigieuses et plus ou moins douteuses pour s’affirmer rapidement comme l’une des grandes familles de Flandre : le dernier seigneur en ligne directe, Robert VII de BETHUNE, marie en 1240 sa fille Mahaut ou Mathilde avec Guy de DAMPIERRE, comte de Flandre. Mahaut apporte en dot la baronnie de Béthune et l’avouerie d’Arras, ainsi que les terres de Tenremonde, de Richebourg et de Warneton. Leur fils aîné, Robert, qui hérite des comtés de Nevers et de Flandre, porte encore le nom de Robert de BETHUNE et peut être considéré comme l’un des plus grands seigneurs de son temps. La terre de Béthune tombe ensuite entre les mains du duc de Bourgogne, qui l’unit au comté d’Artois, avant d’être cédée au roi de France par le traité de Nimègue. Plus tard, Louis XVI cédera au duc de Sully, le comté de Béthune et le marquisat de Lens, en échange de la principauté d’Henrichemont et de Boisbelle. La maison de Béthune est donc célèbre, non seulement par son ancienneté, mais surtout par ses alliances : elle s’est unie à la plupart des familles royales d’Europe, et figure dans les ancêtres des Rois de France (à partir de François 1er), mais aussi d’Angleterre, d’Ecosse, de Castille, ou des archiducs d’Autriche, des empereurs d’Allemagne ou de Constantinople La Maison de Béthune et les CroisadesAuparavant la famille de Béthune s’est déjà illustrée en particulier lors des croisades, avec CONON de BETHUNE, né vers 1150, dixième fils de Robert V de Béthune et d’Adelaïde de Saint-Pol.
C’était l’un de ces guerriers poètes que le Moyen-Âge a connu au sommet de sa civilisation, qui réside soit à la cour de Philippe-Auguste, soit et plus souvent à celle du comte de Champagne qui est alors le rendez-vous préféré des ménestrels (Sully, dans ses Mémoires, se fait honneur de descendre de Conon de Béthune).
Après avoir participé de 1189 à 1192 à la troisième croisade, il accompagne Baudouin VI de Hainaut à la quatrième croisade, dont il est l’un des chefs.
Ses talents de trouvère lui valent de devenir l’orateur des Croisés et de participer à ce titre aux négociations avec les vénitiens comme ambassadeur auprès du Doge Dandolo, avec Geoffroi de Villehardouin qui l’estime, et qui dit de lui : « bon chevalier et sage estoit et bien eloquens ». Après la conquête de Constantinople en 1204, (où il est l’un des premiers à planter son étendard sur les murailles) Conon occupe des positions importantes dans le gouvernements de Baudouin puis dans ceux de Henri de Flandres et Pierre Ier de Courtenay et joue un rôle clef dans la bataille d’Andrinople, ville de Turquie aujourd’hui appelée Edime, dont il devient le gouverneur. Après la mort de l'impératrice de Constantinople Yolande de Hainaut en 1219, il est choisi par les barons comme régent de l'Empire mais meurt peu après en 1219 ou 1220. A noter qu’un frère de Conon, Jean III de Béthune, évêque de Cambrai et prince d’Empire, a participé à la croisade contre les Albigeois et mourut à Toulouse en 1219 |
| Plus de cent ans auparavant, Adam de Béthune, arrière petit-fils de Robert I faisseux, participe à la première croisade, menée par Godefroy de Bouillon. Après la prise de Jérusalem, Beaudouin 1er de Boulogne, frère de Godefroy de Bouillon et premier roi de Jérusalem (Godefroy de Bouillon s’étant contenté du titre d’Avoué du Saint-Sépulcre, ce qui démontre bien l’honorabilité du titre d’avoué) attribue à Adam de Béthune, la ville de Bethsan en Galilée (située dans la vallée du Jourdain, au sud du lac de Tibériade) et les terres avoisinantes :
Adam prend alors le nom de Adam de Bessan ou de Beisan et ses héritiers demeurent seigneurs de Bethsan jusqu’à la prise de la ville par Saladin en 1187. Son arrière petite-fille, Eschive d’Ibelin (fille de Baudouin d’Ibelin ou de Ramleh (actuellement Ramallah) et de Richilde de Bessan, née en 1157, devient reine de Chypre par son mariage en 1175 avec Amaury II de Lusignan, roi de Chypre en 1194 puis de Jérusalem.
Par le jeu des mariages successifs, on passe dans les familles de Montfaucon, puis de Dampierre, également de Bourbon-Vendôme, et l’on retrouve Eschive d’Ibelin dans l’ascendance de personnalités ausi diverses que le roi Georges 1er d’Angleterre,la reine Margaret de Danemark, Lady Diana ou encore Winston Churchill. Le nom de Bessan semble s’éteindre avant 1300 faute d’héritiers mâles, après plusieurs mariages successifs entre la maison de Bessan et la maison d’Ibelin. |
Sources
- Dictionnaire historique et archéologique du P de C
- Mémoires de Sully
- Médiathèque de Béthune
- Wikipedia
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