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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE


• N° 20 : A PROPOS DE L'AROBASE
• N° 21 : Visite de LESSINES et de MARIEMONT
• N° 21 : EN PASSANT PAR LA TOURAINE


A PROPOS DE L'AROBASE


Au nombre des signes et caractères manipulés quotidiennement sur nos claviers, il en est un familier à tous- débutants ou informaticiens de haut vol- : l'arobase. Ce caractère nous semble indéniablement être l'un des symboles de la « modernité communicative ». Et pourtant…

L'histoire de ce signe est passionnante : il remonte à l'Antiquité, a roulé sa bosse sur les marchés et les routes commerciales du bassin méditerranéen, puis de tous les océans et mers du monde. Son dessin énigmatique est universellement connu. Son histoire mérite d'être contée.

Le signe @ utilisé en informatique vient du latin classique et de la fusion des lettres a et d en abréviation de la préposition latine « ad ». En latin cette préposition a le sens de vers (mouvement et direction). Cette préposition très fréquente en latin était abrégée ainsi :

arobase

Ultérieurement ce signe fut utilisé chez les Romains dans la vie courante pour indiquer le prix d'une marchandise. Exemple transposé :

. 1 kg d'oranges @ 1,5 €

Plus tard, ce signe continua à être utilisé dans le commerce, mais on l'associa plutôt à une mesure de poids. Il semble que ce glissement dans l'usage se soit produit en Andalousie pendant la période musulmane. Le signe @ utilisé dans ce sens est attesté en Espagne depuis 1088.

Le terme « arobase » vient de l'arabe « ar-ruba » qui signifie « le quart » d'un quintal. Le quintal arabe valait environ 46 kilos. La « arroba» espagnole valait donc et vaut encore - car cette mesure est encore utilisée parfois dans le monde rural- 11,5 kg. Comme nos anciennes mesures, sa valeur peut varier d'une région à l'autre. Elle était aussi utilisée comme unité de volume pour les liquides ou certaines marchandises en vrac comme le grain. L'usage du signe @ se généralisa dans le commerce et les anglais l'adoptèrent ; ils l'appelaient « at ».

Le sens d'origine se perdit avec le temps, mais le signe subsista et certaines machines à écrire parmi les premières, avaient ce signe au clavier.

En 1971, à Cambridge (Massachussetts) un programmateur de 30 ans, Ray Tomlinson, analysa le clavier de sa Model-33 Teletype. Il avait besoin d'un séparateur dans une adresse email pour l'intercaler entre le nom de la personne et le lieu oú elle se trouve. Il emprunta le signe @.

Certaines langues continuent à désigner le signe par des mots qui gardent la racine arabe « arrob-« . C'est le cas de l'espagnol (arroba) et du catalan (arrova).

D'autres utilisent une image

- allemand : Klammeraffe (singe araignée)
- espéranto : heliko (escargot)
- italien: chiocciola (escargot)
- hongrois: kukac (ver de terre)
- hébreu : strudel (peAacute;tisserie en forme d'escargot)
- néerlandais : apenstaartje (queue de singe)

aro1

Le document ci-contre est un inventaire de 1525. On y répertorie les meubles et ustensiles présents dans une maison appartenant au chapitre d'une localité de la région d'Avila (Vieille Castille). J'en ai fait l'acquisition par hasard il y a une quinzaine d'années..
Dans le premier encadré on voit apparaître le mot « arrobas » pour quantifier la capacité de deux « tinajas » (=jarres) : diez arrobas (= 10 arrobas).

aro2

Le terme apparaît une seconde fois dans le deuxième encadré. Puis, il est abrégé, comme il le sera tout au long de l'inventaire. Nous trouvons là notre moderne « arobase ».


Daniel BRETTE

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VISITE DE LESSINES ET MARIEMONT

Le jeudi 25 septembre les Amis du musée de Béthune ont visité l'Hôpital Notre-Dame-à-la-Rose de Lessines,
haut lieu de l'histoire médiévale des Flandres.

groupe lessines

Le parcours démarre en sous-sol par la présentation de l'évolution des beAacute;timents de l'hôpital à travers les siècles, du 12ème à nos jours. L'étape suivante nous conduit dans ce qui fut le dortoir des nonnes, oú une reconstitution d'une cellule avec mobilier d'époque, nous permet de constater leur spartiate confort.

De nombreux portraits de personnages ayant marqué de l'histoire de l'hôpital y sont installés. De nombreux objets cultuels nous sont présentés, ainsi que de bien étranges tableaux, comme un Christ barbu au corps de femme, ou un Saint Bernard buvant le lait du sein de la Vierge…

La destination première de l'hôpital était de recevoir et de soigner les indigents de l'époque, malades « ordinaires », selon la charte. Mais les grandes épidémies de peste du 17è siècle amènent l'hôpital, malgré cette charte, à soigner les pestiférés.

LESSINES ET BETHUNE

Pour la suite de la visite, le Président André Delhaye nous réserve une surprise, et nous découvrons que des liens étroits unissent Lessines et Béthune. En effet, pour soigner ou repousser la peste, l'invocation par l'hôpital à saint Eloi, qui avait à l'époque « de bons résultats », fut décidée.

Et ce fut l'apparition, dans l'histoire de l'hôpital, de la Confrérie des Charitables de St Eloi de Béthune. L'hôpital a offert en 1604 à la Confrérie des reliques de St Eloi. En remerciement, la Confrérie a élevé en consoeurs et confrères les membres de l'Hôpital de Notre Dame de la Rose.

En 1704, c'est la Confrérie de Béthune qui adresse à l'Hôpital une partie de la Sainte Chandelle, encore conservée actuellement à Lessines.

Un mannequin en tenue de charitable et de nombreuses photos de la procession à naviaux figurent dans la salle, et de nombreux témoignages et représentations diverses de Saint Eloi furent………mais c'est une autre histoire, un autre jour.

charitable lessines-jardins

La visite se poursuit par de nombreuses salles chargées d'histoire et de souvenirs, comme la bibliothèque, les appartements de Monseigneur, la salle de bain, la chapelle, l'infirmerie et la pharmacie. Puis la grande salle des malades qui a conservé son mobilier d'époque, et son haut plafond qui, selon les croyances du temps, permet « l'échange de flux » et donc purifie l'atmosphère. Un nombre très important d'outils et d'ustensiles divers de soins, de toutes les époques, y sont présents, témoignant déjà d'une certaine technique, malgré tout fort peu enviable.

Outre les soins de l'eAacute;me par la prière, l'hôpital disposait également d'un important jardin de plantes médicinales.

Après un bon déjeuner, la visite chez nos amis belges se poursuit par le Musée Royal de Mariemont et son exposition de parfums de l'Antiquité.

mariemont

Mariemont

C'est en traversant le magnifique parc que nous atteignons l'exposition qui nous propose de redécouvrir les parfums de l'Antiquité au travers des plantes fraîches et des aromates. L'évocation des procédés de fabrication, des ingrédients, permet de comprendre l'évolution des processus
Les contenants furent appréciés tant pour leur forme que pour la richesse de leur fabrication. Il s'agit à l'époque d'un véritable art de luxe.).

Bien que plaisir futile et éphémère, le parfum à cette époque revêt une forme de joie de vivre, de séduction, de soins du corps dans une approche quotidienne.

Le temps passant trop vite, c'est avec regret que nous avons pris le chemin du retour.

Robert GUENOT

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En passant par la TOURAINE

J'ai rencontré PHILIPPE DE BETHUNE ET SES CARAVAGE.

Visitant LOCHES, petite cité fière de son donjon, de son logis royal, de sa collégiale et de ses vieilles demeures, j'ai été intriguée par nombre d'affiches annonçant

« les Caravage de Philippe de Béthune… »

C'était un mardi, je n'ai pu voir les tableaux « l'Incrédulité de saint Thomas » et « la Cène à Emmaüs » mais j'ai fait ma petite enquête dont je vous livre quelques éléments.

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Donjon de LOCHES

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philippe

Blason de Philippe de BÉTHUNE

Philippe de Béthune (1565-1649) comte de Selles et de CheAacute;rost est le frère puîné de Maximilien, duc de Sully. Un auteur du 18è siècle mentionne qu' : « il est non moins recommandable à la France que Maximilien ». Il occupe d'abord des fonctions importantes en Bretagne, puis il est nommé ambassadeur de France à Rome de 1601 à 1605. Ce séjour dans la Ville éternelle ne l'empêche pas d'acheter ce qui reste de la forteresse de Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher) pour en faire une demeure digne de son rang. Il prévoit d'y construire une très longue galerie pour y installer ses manuscrits, ses peintures et ses collections de vases étrusques, ainsi que ses bronzes et ses antiques.

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CARAVAGE :l'incrédulité de St Thomas

A Rome, diplomate apprécié, il est en relation avec les artistes et les mécènes qui les protègent. C'est ainsi qu'il visite l'atelier du Caravage, peintre déjà renommé pour ses œuvres … et ses frasques. Il lui achète un premier tableau, puis trois autres, ce qui l'amène par la suite à le faire sortir de la Tor di Nona, prison oú le Caravage avait été incarcéré pour un crime.

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CARAVAGE :La Cène à Emmaüs

Philippe de Béthune s'installe enfin au cheAacute;teau de Selles oú il meurt en 1649. Ses collections sont alors partagées entre ses enfants : ses manuscrits sont légués à Louis XIV et se trouvent à la Bibliothèque Nationale. C'est son fils aîné Hippolyte qui transfère les Caravage à la Chartreuse de Liget, située à quelques lieues de Loches. Saisies à la Révolution, elles sont gardées à l'hôpital de la ville, et de là, accrochées dans la nouvelle église Saint-Antoine, aménagée en 1813.

En 1999, on se pose des questions sur ces peintures ; après bien des expertises et des restaurations, elles sont reconnues comme ayant beaucoup de similitudes avec les œuvres du Caravage. Elles avaient d'ailleurs été qualifiées d' « originales » dans un inventaire dressé par un notaire parisien lors du second mariage de Philippe de Béthune en 1608.

Classées monuments historiques, on peut les voir maintenant à la Chancellerie de Loches, demeure du 16è siècle. Sauf le mardi !


Marie-Thérèse BREYNAERT

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