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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE



• N° 22 : La Famille de BÉTHUNE en ANGLETERRE et en ECOSSE :
Les BÉTHUNE de BALFOUR

• N° 22 : BÉTHUNE-42, Grand Place
• N° 23 : BÉTHUNE et le NOUVEAU MONDE
• N° 23 : Anthoine de Busne, compositeur et poète béthunois


La Famille de BÉTHUNE en ANGLETERRE et en ECOSSE :
Les BÉTHUNE de BALFOUR

Lorsqu'en 1066 Guillaume le Conquérant part envahir l'Angleterre avec une armée estimée à 5000 hommes, il est accompagné de nombreux chevaliers, membres de la plupart des familles nobles du pays. Parmi ceux-ci, sans doute un seigneur de BETHUNE, dont le nom ne figure pas sur les différentes listes proposées (plus ou moins crédibles) répertoriant les compagnons de Guillaume.

J'ai cependant trouvé, dans une histoire généalogique des châteaux gallois, que, parmi« les flamands »qui ont participé à la conquête, il y avait les« avoués de Béthune » et un Gunfrid (ou Godefroy) de Ceoches auxquels ont été attribuées des terres. Les Archives du département du Nord contiennent par ailleurs des lettres par lesquelles Guerri, abbé de Feversham, et tout le couvent reconnaissent que Robert de Béthune, avoué d'Arras, leur a donné, du consentement de Robert, Guillaume, Bauduin, Jean et Conon ses enfants, toute la terre de Missewelle avec ses appartenances, à tenir en fief sous la redevance annuelle de six livres sterling à payer à Robert ou à ses héritiers, à Feversham. Robert promet de les protéger contre tous hommes, excepté contre le roi d'Angleterre. L'abbaye déclare avoir payé à Robert, pour ces lettres et la confirmation, cent marcs sterling; elle promet faire participer à ses prières Robert, Adelice, sa femme, et Clémence, sa mère.

Les seigneurs de Béthune possédaient donc des terres en Angleterre, mais ceci ne prouve pas qu'ils aient participé à la conquête, car on trouve aussi, dans ces mêmes archives, qu'en 1160 ou environ, est conclu un accord entre Robert, avoué de Béthune et Bauduin, châtelain de Lens et leurs héritiers, par lequel le châtelain, sa femme et Eustache leur fils, donnent à Robert, pour mettre fin à leurs différends, la terre que Ségard de Ceoches, Heldiarde, sa fille et Rainald, fils d'Heldiarde, possédaient en Angleterre, en fief du roi d'Angleterre.

D'autre part, dans le fonds historique de la médiathèque, j'ai trouve une notice (déposée par un anglais, Mr Ronald Saltman ancien adhérent des Amis du Musée), sur un Robert de Béthune, prieur puis évêque de Hereford, célèbre en son temps, surnommé« le bon évêque » qui sut protéger ses ouailles en cette période troublée où le roi Etienne (petit-fils de Guillaume le Conquérant) et sa cousine l'impératrice Mathilde se disputent la couronne et qui n'hésite pas à excommunier le comte de Gloucester, parce qu'il use de violence. Il meurt en 1148, à Reims, où il s'est rendu pour assister au Concile. Cette notice ne donne malheureusement pas d'indications sur sa filiation, mais ce Robert de Béthune est antérieur à Robert V le Roux.

Le premier seigneur de Béthune dont on retrouve trace en Ecosse est un Jean de BETHUNE, né en 1245 à LOKEREN en Flandre, arrière-petit-fils de Guillaume II le Roux de BETHUNE et de Mahaut de TENREMONDE ; il épouse vers 1275 à Westhall, en Ecosse Jeanette de COUCY, elle-même née à Boves dans la Somme en 1248. Je n'ai pas trouvé jusqu'à présent les raisons qui les ont amenés à tenter l'aventure anglaise ni pourquoi ils sont arrivés en Ecosse, mais ils y ont fait souche et sont tous deux décédés à Westhall. Leur petit-fils, Robert de BETHUNE, né vers 1310, est à l'origine de la maison de Béthune-Balfour, par son mariage en 1340 avec Janet de Balfour, héritière du château de Balfour (à la suite de la mort sans héritier de son frère aîné) : leur fils, Jean ou John Bethune, fut le 1er baron ou laird (en écossais :« propriétaire ») de Balfour.

Le nom de BETHUNE , comme cela arrive souvent, se déforme et se transforme et, suivant les auteurs, on trouve les mêmes personnages appelés indifféremment BETHUNE, BETHUN, BETHOUN ou BEATON (ou même BETON, BETUNIA ou BETUNEY) . On arrive ainsi, après une série de John de BETHUNE (coupée par un Archibald) à un David de Béthune ou BEATON, né en 1466, descendant à la 5ème génération du 1er baron de Balfour : ce David BEATON, Trésorier contrôleur de James IV Stuart d'Ecosse, achète en 1502 le château de CREICH, créant la lignée des BEATON de CREICH. Il est le second d'une famille de 10 enfants : son frère cadet, James de BETHUNE (ou BEATON) (7ème enfant et 3ème fils), sera Archevêque de SAINT ANDREWS, et chancelier d'Ecosse pendant la minorité de James V. Il faut noter que la famille s'était déjà alliée par mariage à deux reprises au clan des Stewart (orthographe écossaise dont Stuart constitue la francisation).

Son frère aîné, John Béthune, ne déroge pas à la tradition : il est père de 12 enfants, dont le quatrième, David BEATON (deuxième du nom) devient le plus célèbre de la famille.

DAVID, Cardinal BEATON

cardinal

Né en 1494, il fait ses études aux universités de St. Andrews et Glasgow, et à 16 ans est envoyé à Paris où il étudie droit civil et droit canon. Il commence sa carrière politique à la cour française, devient évêque de Mirepoix en Languedoc en décembre 1537 sur la recommandation du Roi François 1er, et en 1538 est nommé cardinal par le Pape Paul III, au titre de Santo Stefano al Monte Celio (l'une des plus grandes des 7 collines de Rome).

Il est le premier écossais élevé à cette dignité de façon incontestable, le Cardinal Wardlaw, évêque de Glasgow, ayant été nommé par l'antipape Clément VII. A la mort, en 1539, de son oncle l'Archevêque James Beaton, il devient Archevêque de St Andrews. En 1544, il est nommé légat pontifical en écosse.
Ayant acquis la confiance du roi James V Stuart, il devient son principal conseiller et sert plusieurs fois d'ambassadeur en France entre 1533 et 1542. . Il dirige les négociations pour le mariage du Roi, d'abord avec Madeleine de France en 1533 (fille de François 1er qui meurt six mois après son mariage), ensuite avec Marie de Guise en 1538.

Politiquement, Beaton s'est toujours préoccupé d'entretenir l'alliance franco-écossaise (il a d'ailleurs été naturalisé français), et de s'opposer aux positions politiques anglophiles, associées avec la poussée réformiste Protestante en écosse ("pollution totale et fléau d'impiété anglicane" comme il l'appelle). Il craint que James V ne suive la politique d'Henry VIII et ne s'approprie les revenus monacaux.

A la mort de James en décembre 1542 à la bataille de Mousse Solway, Beaton tente d'assumer la régence de la jeune reine Marie Stuart, en fondant sa demande sur une volonté tardive présumée du roi; mais on a considéré qu'il avait inventé cette volonté, et le Comte d'Arran, James Hamilton, héritier du trône après Marie, est déclaré régent. Le cardinal, blâmé pour sa politique de guerre qui a amené la défaite à Mousse Solway, est, par ordre du régent, confié à la garde de Lord Seaton. Avec Beaton éloigné du pouvoir, le parti anglophile persuade Arran de conclure un traité de mariage avec l'Angleterre pour la jeune reine, et de nommer un grand nombre de pasteurs protestants. En 1543 Beaton reprend le pouvoir, annule le traité et poursuit ceux qu'il considère comme hérétiques. Cependant, deux invasions anglaises en Ecosse, suivies d'une tentative d'invasion écossaise en Angleterre manquée en 1545 entraînent beaucoup de contestation à son égard.

En mars 1546, peut-être pour détourner l'attention de ces critiques, Beaton organise l'arrestation, le procès et enfin l'exécution sur le bûcher de George Wishart, prédicateur protestant puissant, confident et mentor de John Knox.Wishart, cependant, avait beaucoup de sympathisants, qui décident de le venger. Les conspirateurs, s'introduisent par ruse au lever du jour le 29 mai 1546 dans le château de St. Andrews, assassinent le cardinal et accrochent son corps aux remparts. A cette époque, on admet largement que sa mort sert les intérêts d'Henry VIII d'Angleterre qui considérait Beaton comme l'obstacle principal à sa politique en écosse.

Le meurtre de Beaton fut certainement un appoint considérable dans l'essor du protestantisme en écosse, encore qu'à cette époque il n'ait pas nécessairement été approuvé même parmi ses adversaires.

Beaton s'intéressa peu à la réforme de l'église, vivant, comme beaucoup de prélats d'avant cette réforme, en concubinage ouvert, pourvoyant avec prodigalité aux besoins de ses neuf enfants par des propriétés ecclésiastiques. C'était certainement un homme politique capable, certains considéraient sa position contre Henry VIII comme patriotique, mais d'autres, rappelant ses biens et intérêts en France, l'appelaient« le meilleur Français » d'Ecosse

Il ne semble pas que la famille de Béthune se soit par la suite impliquée dans l'histoire de l'Ecosse. La lignée des Béthune de Balfour se prolonge en ligne directe jusqu'au 15ème baron de Balfour en 1719 : le patronyme Béthune est par la suite repris par ses successeurs (neveux ou cousins éloignés). Certains membres de la famille se sont fixés sur l'île de Skye dans les Hébrides, puis ont ensuite émigré au Canada, en Nouvelle Ecosse dans l'île de Cap Breton, d'où ils ont essaimé au Canada et aux Etats-Unis, où ils sont actuellement très nombreux sous le nom de Béthune ou de Beaton. Mais ceci est une autre histoirr…

Gilbert DENELE

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BÉTHUNE-42, Grand Place

claude

« J'ai fait cela avec mes deux garçons, pour eux, pour mes enfants », aime à déclarer Claude Laforge. A proximité de l'entrée du magasin de meubles MODERN MOBILIER, sur l'un des côtés de la place du Beffroi de Béthune, à côté de la boite à lettres de La Poste, un panneau d'affichage invite le passant (entrée libre) à découvrir à l'intérieur« les caves du XVème siècle ». La porte poussée, l'escalier qui y donne accès permet d'accéder facilement à ces caves, qui sont comme un écho au beffroi, leur voisin vertical.).

«J'ai fait cela avec mes deux garçons, pour eux, pour mes enfants », répète Claude Laforge. En cet homme, tout respire l'énergie, la passion, la ténacité. De l'énergie, de la passion, de la ténacité, il en a fallu pour mener à bien le sauvetage et la réhabilitation des caves. C'était en 1993 ; il avait 60 ans, et à l'âge où d'aucuns posent le sac, il a entrepris, avec ses seuls moyens, le sauvetage et la mise en valeur de 200 mètres carrés de caves voûtées au niveau -1. Dans ces caves, à l'origine très difficilement accessibles (il fallait ramper pour franchir certains passages), insalubres, inutiles, ont travaillé à plein temps pendant un an, quatre hommes de l'entreprise Breuvart d'Annezin. On découvrait, on inventait des solutions techniques au rythme de la progression et de l'évacuation des remblais : 260 tonnes évacuées à la brouette, remontées au rez-de-chaussée et emportées par camions. 260 tonnes&jellip;Après le niveau -1, est venu le tour du niveau -2.

Pendant le chantier, les surprises (bonnes rarement, mauvaises fréquentes) ont été nombreuses : infiltrations venues de l'extérieur, éboulements…Au moment de la construction du parking souterrain de la Grand Place un écoulement de béton a constitué une autre surprise ; de nouveau il a fallu trouver une parade…

Nous savons - et le chantier de l'Estracelles nous le rappelle au quotidien - que réhabiliter un bâtiment ancien requiert un savoir-faire de haut niveau. Obligation impérative de respecter le site, tout en mettant en œuvre normes et techniques actuelles. La fin des travaux n'a pas signifié la fin des soucis, des problèmes et des frais : il convient, en permanence, de continuer à veiller, chauffer, maintenir un taux d'hygrométrie adéquat, éclairer, ventiler…

Au gré de la déambulation, on découvre de petites merveilles : les pierres taillées d'une margelle de puits ayant fait l'objet d'un remploi, de magnifiques voûtes, une cheminée ancienne, trace d'un habitant permanent en sous-sol… Dans des vitrines et en divers endroits sont exposés des objets découverts sur le site : céramiques de différentes époques, pierres moulurées, grenades à main, mais aussi des objets plus récents datant de la Première Guerre mondiale. Les agrandissements de cartes postales anciennes de la ville, évoquent le Béthune d'avant les destructions ; des meubles exposés (nous sommes dans un magasin) sont un rappel du présent.

Un des éléments d'architecture parmi les plus intéressants est la partie inférieure d'une tourelle qui contenait jadis un escalier à vis. Cette tour apparaît dans la vue panoramique de Béthune, dite plan de Braun, de 1573 sous la mention« Turris Constantini » (tour de Constantin). L'existence à cet endroit, de l'auberge du Grand Constantin surmontée d'une tour est attestée. D'ailleurs, lors du déblaiement de cette zone, de nombreux fragments de céramique ont été trouvés ; on sait que les dépotoirs sont de véritables trésors archéologiques. Eugéne Béghin dans Les rues de Béthune, écrit :« L'hôtellerie du Grand Constantin réunissait les deux propriétés 54 et 56 ; il est probable que Braun, lors de son séjour à Béthune avait reçu le meilleur accueil dans cet établissement, car dans le plan qu'il a publié en 1573 avec Hogenberg, il a voulu donner un témoignage de son bon souvenir au maître d'hôtel en mettant en relief la tour renfermant un escalier à vis et surmontée d'un pigeonnier qui distinguait cette propriété et était vue de loin ».

Certains historiens ont constaté que le nom de Constantin était attribué de façon récurrente à des auberges et hôtelleries. Ainsi, dans l'Histoire de Douai sous la direction de Michel Rouche (Editions du Westhœck-1985- page 68) :« Les grandes abbayes voisines avaient acquis des refuges destinés à abriter en temps de guerre les religieux et à engranger une partie de leurs récoltes. L'abbaye d'Anchin possédait depuis au moins le XIV ème siècle le bâtiment dit « du Constantin » ancienne hôtellerie du bord de Scarpe ».

tour

Base de la tour Constantin

evier

évier provenant de l'hôtellerie du Grand Constantin.

Quel rapport entre une auberge établissement destiné à accueillir et l'empereur Constantin le Grand qui fit du christianisme la religion d'état au début du IVème siècle ? Plusieurs médiévistes, intrigués par des statues- parfois de grande taille- représentant un cavalier sur son cheval, statues situées dans des églises romanes du Poitou et du Sud-Ouest, y ont vu la représentation de l'empereur Constantin. A-t-on fait une association d'idées entre cavalier-voyage-auberge et donné ainsi le nom de Constantin à des hôtelleries ? L'hypothèse a été émise. Une hypothèse plus audacieuse encore a été faite : l'existence d'une sorte de chaîne hôtelière à l'enseigne de Constantin…

« J'ai fait cela avec mes deux garçons, pour eux, pour mes enfants ». Modeste, trop modeste en vérité. Claude Laforge l'a fait aussi pour ce qu'il estimait être de son devoir : sauver avec ses moyens propres une partie du patrimoine de sa ville, patrimoine trop souvent, trop longtemps ignoré, abandonné, voire saccagé…Il y a là un désintéressement, et un amour de« la belle ouvrage » qui lui font honneur. Il y a quelques mois, on a remis à Claude Laforge la médaille de la Ville de Béthune. Distinction cent fois méritée, dont on regrette qu'elle ne vienne que tardivement, pour un sauvetage exemplaire, mené à bien sans subvention aucune.« C'est la Légion d'Honneur qu'on aurait dû lui donner ! », s'est écrié André Delhaye notre président.

Nous souscrivons.

beth-pano

Vue panoramique de 1573.

En 5 : le beffroi ;
en 6 : la tour Constantin ;
en 7 : la collégiale saint Barthélémy


Daniel BRETTE

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BÉTHUNE et le NOUVEAU MONDE

Le nom de BETHUNE, comme celui de BEATON qui pour certains en découle, est assez répandu aux Etats-Unis comme au Canada, soit qu'il s'agisse vraiment de descendants de la Maison de Béthune ou de descendants d'esclaves noirs à qui l'on attribuait, de façon courante, le nom de leur maître.
Trois villes (ou villages) du Nouveau Monde portent le nom de Béthune : deux aux Etats-Unis, une au Canada, mais n'en tirons pas trop de fierté, cela ne signifie pas que Béthune soit connue, loin s'en faut, dans ces pays : ce nom leur a été donné en hommage ou en souvenir de certaines personnalités.

canada

Ainsi en est-il du village de Béthune dans la Saskatchewan (province de l'Ouest du Canada), comptant 380 habitants, fondé en 1912 le long de la voie de chemin de fer et ainsi nommé en raison de C B BETHUNE, l'ingénieur qui dirigeait les travaux de la voie.

«C'est également l'arrivée du chemin de fer, la voie étant la propriété de Daniel Murdoch BETHUNE, qui a fait en 1900 appeler« Béthune » la ville de Lynchwood dans le comté de Kershaw en Caroline du Sud (352 habitants en 2000) . Par contre la commune de Béthune (200 habitants en 2007) dans le comté de Kit Carson au Colorado aurait, elle, été fondée par des trappeurs français venus chercher fourrures et peaux de bison.
Il existe également des rues de Béthune dont une en particulier à New York, ainsi dénommées en hommage à Mary MacLeod Béthune que nous retrouverons tout à l'heure…

Les BÉTHUNE au CANADA

♦ JOHN BETHUNE, ministre de l'église d'écosse, né en 1751 d'une famille respectée dans l'île de Skye, en écosse, son père Angus BETHUNE étant le descendant d'un des lairds de Balfour. Après des études au King's College, concrétisées par une licence puis une maîtrise ès lettres en 1772, il est reçu ministre de l'église d'écosse. En 1773, il émigre avec quelques membres de sa famille en Caroline du Nord, colonie qui était devenue un refuge pour des milliers de Highlanders durant les années qui suivirent le soulèvement jacobite de 1745-1746 (visant à remettre sur le trône d'Angleterre et d'Ecosse les descendants des Stuart).

John sert d'abord comme aumônier des Royal Highland émigrants, unité loyaliste levée dans la province de Québec, et participe à ce titre à la bataille de Moores Creek Bridge, où, comme des centaines d'autres Highlanders, il est capturé par les rebelles victorieux et emprisonné à Philadelphie. Après le licenciement de son régiment en 1784, il crée la première congrégation presbytérienne à Montréal, ville où il épouse en 1782 Véronique Waddens, fille d'un trafiquant de fourrures du Nord-Ouest d'origine suisse. En mai 1787, à la demande d'un groupe de colons des Highlands, il s'installe dans la région ouest de la province de Québec, laquelle allait bientôt devenir le Haut-Canada. Il consacre le reste de sa vie à son ministère auprès des colons des Highlands du comté de Glengarry, dans le Haut-Canada, et à sa famille de six fils et trois filles, jusqu'à son décès le 23 septembre 1815.

John Bethune est le ministre le plus honoré et le plus respecté parmi les pionniers de l'église d'écosse au Canada, et ses enfants lui firent honneur.

♦ DONALD,le cadet (1802-1869) après des études de droit et une carrière d'avocat, s'intéresse à la politique et à la banque, puis devient armateur de bateaux à vapeur naviguant sur le lac Ontario et obtient du gouvernement, en 1840, le contrat de la livraison postale. En 1842, Donald a des intérêts considérables, quand il n'en est pas l'unique propriétaire, dans au moins dix bateaux à vapeur naviguant sur le lac Ontario. Il ambitionne le monopole et se livre à une lutte acharnée contre son principal concurrent dont il parvient à racheter les bateaux. Mais minée irrémédiablement par la récession de 1848, par les nouveaux concurrents, par sa dette à la Bank of Upper Canada qui s'élevait à plus de £:30 000 et par nombre d'autres dettes, son entreprise s'effondre à la fin de 1848 et tous ses bateaux sont vendus. Il reprend alors la pratique du droit et en 1864, on reconnaît sa réussite comme avocat en le nommant conseiller de la reine. Sa carrière constitue un exemple significatif du développement inconsidéré dont était l'objet le transport aussi bien par eau que par chemin de fer.

♦ JAMES GRAY (1793-1831), quatrième fils du révérend John Bethune, fonctionnaire, juge de paix et officier de milice, mais surtout homme d'affaires, s'intéresse lui aussi aux bateaux à vapeur et à la banque et devient en 1830 directeur général de la succursale de Coburg de la Banque du Haut-Canada, mais ses activités de banquier entraînent sa ruine. L'argent étant rare dans cette région, il met à la disposition des clients de la banque, ainsi qu'à la sienne, de généreux crédits par le biais de pratiques aussi risquées que les endossements réciproques de billets et l'émission de traites de complaisance sans garantie suffisante, toutes pratiques qui enfreignent les règles de la banque centrale. Il est forcé de démissionner en novembre 1833. En dépit de ses avoirs, il se voit dans l'impossibilité de couvrir ses pertes : il est mis en faillite et fait même un bref séjour pour dettes à la prison de Coburg en 1836. Furent aussi durement touchés par son retrait des affaires ceux qui s'étaient portés garants pour lui, ainsi que les habitants du district qui lui avaient confié leur épargne.

♦ JOHN (1791-1872), le troisième fils, est reçu à l'Eglise d'Angleterre et devient le premier bénéficiaire du programme de formation que l'église d'Angleterre offre sur place aux Canadiens qui se destinent aux ordres. Ordonné en 1814, il est nommé ministre de la Christ-Church, à Montréal, et premier pasteur de la paroisse anglicane de Montréal que le gouvernement provincial venait de fonder (ces deux paroisses desservaient toute la ville de Montréal et ses banlieues). En 1819, il fonde une école où les élèves plus âgés enseignent aux plus jeunes. Pour combattre la misère grandissante, il coopère activement avec des groupes interconfessionnels. En novembre 1835, il est nommé recteur pro tempore de McGill University dont il achève la construction vers 1843. L'enseignement, principalement les langues classiques et les mathématiques, commence alors avec trois étudiants : deux d'entre eux étaient les neveux du recteur qui était également professeur de théologie

à la création du diocèse de Montréal en juillet 1850, il devient pasteur, puis doyen de la cathédrale Christ Church en 1854, le premier au Canada à recevoir cette dignité.

Son fils aîné, STRACHAN BÉTHUNE, conseiller de la reine, fut chancelier du diocèse de Montréal de 1868 à 1910.

♦ ALEXANDER NEIL (1800-1879) cinquième fils du révérend , lui aussi ministre de l'église d'Angleterre, devient en 1827 pasteur de la paroisse de Cobourg puis recteur de cette même paroisse où il exerce son ministère jusqu'en 1867, année où il fût consacré évêque, d'abord coadjuteur de l'évêque de Toronto avec le titre d'évêque de Niagara, puis évêque de Toronto au décès du titulaire en 1868.

♦ ANGUS le fils aîné (1783-1858), fut trafiquant de fourrures comme son grand-père Waddens. Entré au service de la North West Company, il établit des relations commerciales avec la Chine pour la vente de fourrures. Passé par la suite dans la nouvelle Hudson's Bay Company, il en devient agent principal. Il quitte officiellement la compagnie en 1841 et s'établit à Toronto, où il devient membre du conseil d'administration de la Bank of Upper Canada. Il s'intéresse également à la politique locale et se fait élire au conseil municipal de Toronto en 1845.

Si sa longue carrière, remplie d'aventures, d'agitation et de controverses, ne fut pas couronnée de grands succès, ses descendants, et notamment son arrière-petit-fils comptent parmi les plus célèbres des Bethune canadiens

Son fils, NORMAN BETHUNE (1822-1892), est un médecin renommé, professeur de chirurgie, co-fondateur d'une faculté de Médecine à Toronto dont il devient doyen. Chirurgien militaire, il soigne les blessés à la bataille de Solferino avec Henri DUNANT.

Le petit fils de Norman BETHUNE, HENRY NORMAN BETHUNE, admirait tellement son grand-père qu'il abandonna le patronyme d'Henri pour se faire appeler comme lui NORMAN BETHUNE. Né en 1890 à Gravenhurst en Ontario où son père Malcolm était pasteur, il entreprend en 1909 des études de médecine, après avoir travaillé deux ans comme bûcheron, puis enseignant pour pouvoir se payer l'université. En 1915, il s'engage comme brancardier dans l'armée britannique. Blessé à Ypres, il termine ses études puis s'engage à nouveau comme chirurgien dans la Royal Navy. Il est médecin militaire pour les aviateurs canadiens en France pendant les six derniers mois de la Première Guerre mondiale.

Rendu à la vie civile, il reprend des études avancées en Angleterre, puis installe à 34 ans son premier et unique cabinet à Détroit, au Michigan. Deux ans plus tard, il est atteint de tuberculose.

1922

Traité en sanatorium, il épluche tout ce qui concerne sa maladie et découvre un nouveau traitement risqué : le pneumothorax. Il demande qu'il lui soit appliqué et se remet sur pied au bout d'un mois Il quitte le sanatorium après un séjour d'un an, et décide désormais de se consacrer à la lutte contre la tuberculose.

Au début de 1928, il déménage à Montréal et travaille à l'hôpital Royal Victoria où il est le premier adjoint du docteur Edward Archibald, le pionnier de la chirurgie thoracique au Canada. En plus de pratiquer la chirurgie, il rédige de nombreux articles pour des revues médicales, dans lesquels il propose des innovations chirurgicales et des améliorations fondées sur ses propres recherches. Il met au point beaucoup de nouveaux instruments qu'il cherche constamment à perfectionner. Une cisaille qu'il a conçue pour couper les côtes et qui porte son nom est encore fabriquée de nos jours

Norman Béthune en 1922

Sur le plan professionnel, Norman Bethune se bâtit une réputation internationale de chirurgien adroit et consciencieux. Mais sur le plan social, il est beaucoup moins orthodoxe. C'est un homme complexe, qui peut à la fois irriter et inspirer. Il prend souvent, de son propre aveu, " plaisir à scandaliser le bourgeois ". Il s'habille de façon originale et circule au volant d'une petite décapotable jaune.

Prenant conscience des effets de la crise de 1929 sur la santé des pauvres, il en vient à penser que la médecine doit s'attaquer aux causes sociales de la maladie tout autant qu'aux symptômes physiques. En 1935, il met sur pied une clinique gratuite à l'intention des chômeurs. La même année, il assiste à une conférence internationale de physiologie organisée en Union soviétique et il en profite pour étudier la médecine socialisée et se convainc que seule l'intervention du gouvernement dans la pratique privée peut assurer des soins médicaux à tous, sans égard à la situation financière. En 1936, il organise le premier groupe voué à la socialisation de la médecine, premier maillon de la sécurité sociale au Canada. La même année, il adhère au Parti communiste.

A l'été de 1936, la guerre civile éclate en Espagne. Comme beaucoup d'autres, il croit que la victoire d'une dictature militaire en Espagne menace la démocratie dans le monde et doit donc être empêchée. En septembre 1936, il se porte volontaire pour l'Espagne sous l'égide d'un organisme canadien, le Committee to Aid Spanish Democracy.

Peu après son arrivée à Madrid, il se rend compte que les blessés doivent être soignés au plus près et conçoit un service mobile de transfusion sanguine qui recueille le sang des donneurs dans les villes pour le transporter ensuite sur le champ de bataille, où il est le plus indispensable. En moins d'un mois, cette unité est sur pied. Bien qu'il la qualifie plus tard de " simple service de livraison de lait ", cette banque mobile de sang passe pour la plus importante innovation en médecine militaire de la guerre civile d'Espagne.

En mai 1937, le corps médical des républicains est devenu une bureaucratie dans laquelle il ne peut plus travailler. Contrarié et épuisé, il revient au Canada où il se lance immédiatement dans une tournée de conférences pour recueillir des fonds pour l'Espagne. Le même été, cependant, éclate la deuxième guerre sino-japonaise. Norman estime qu'une autre dictature militaire menace de dominer la Chine. " L'Espagne et la Chine- écrit-il- font partie du même combat. Je vais en Chine parce que c'est là que le besoin est le plus pressant. "

Le 8 janvier 1938, il quitte le Canada pour la dernière fois, en compagnie de Jean Ewen, une infirmière canadienne; il apporte pour 5 000 $ de fournitures médicales. Il se rend dans la capitale provisoire de la Chine libre, Hangzhou, où le représentant du parti communiste, Zhou Enlai, lui offre une escorte jusqu'au quartier général du Parti à Yan'an, quelque 800 kilomètres au nord-ouest.

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Richard Brown (à gauche),
un missionnaire canadien,
guide Norman Bethune

Dès son arrivée à Yan'an, Mao Zedong, président du Parti communiste chinois, le convoque et l'invite à rester et à superviser l'hôpital frontalier de la 8e armée. Cependant, Norman décide qu'il serait plus utile sur le front, où il pourrait soigner les blessés sur place. Il quitte donc le Yan'an pour les montagnes de la région frontalière isolée de Chin-C'ha-Chi, à 300 kilomètres au nord, où les combats font rage. Etant l'un des rares médecins qualifiés dans cette région de 13 000 000 d'habitants et constatant que ceux qu'il forme peuvent à leur tour en former d'autres, il se consacre à l'enseignement. Il organise des cours de base sur les premiers soins, l'hygiène et la chirurgie. Il écrit et illustre des manuels qui sont traduits, miméographiés et distribués; son but est de former des médecins diplômés en un an, du personnel infirmier en six mois.

Norman propose à ses supérieurs militaires de créer au front même un hôpital où des cours et des soins médicaux seraient dispensés. Ces derniers émettent des réserves pour des raisons de tactique militaire, mais leur respect pour lui est tel qu'ils l'autorisent à aller de l'avant.

Pendant deux mois, il planifie et supervise la construction de son cher " hôpital modèle ", qu'il inaugure en grande pompe le 15 septembre 1938. Moins de trois semaines plus tard, le bâtiment est détruit par l'ennemi. Il se rend alors compte que, dans cette zone de guérilla, toutes les installations médicales doivent être mobiles. " Le temps est révolu, écrit-il dans son rapport mensuel suivant, où les médecins attendaient que les malades viennent à eux. C'est désormais à eux de se rendre auprès des blessés ". L'année suivante, il parcourt plus de 4 500 kilomètres, dont 600 à pied dans des défilés escarpés où même les mules ne peuvent passer. Il conçoit un bloc opératoire qui peut être transporté par deux mules. Il travaille à un rythme prodigieux; il lui arrive une fois d'opérer 115 personnes en 69 heures sans s'arrêter, même sous le feu de l'artillerie.

En peu de temps, le nom Baiqiuen (Bethune transposé phonétiquement en chinois) est légendaire. " À l'attaque, Baiqiuen est avec nous! " devient le cri de guerre des soldats. On raconte les faits et gestes de cet étranger extraordinaire qui ne craint pas les privations et qui donne ses vêtements, sa nourriture et même son sang aux blessés. Norman répond bien au dévouement des Chinois. " Je suis fatigué, c'est vrai- écrit-il à un ami au Canada- mais je ne me rappelle pas avoir été aussi heureux. On a besoin de moi. "

Vers la fin d'octobre, alors qu'il opère un soldat blessé sans ses gants de caoutchouc, Norman se coupe accidentellement au doigt. Sur le coup, il ne prête aucune attention à cette blessure; il s'est déjà coupé sans qu'il y ait eu de complications. Cette fois pourtant, la coupure s'infecte et il s'ensuit un violent empoisonnement du sang. Il refuse cependant d'interrompre son travail et meurt le matin du 12 novembre 1939.

tombeau

Tombeau original de Bethune à Nan Kuang,
          le " défilé sud " de Chu-ch'eng.

Apprenant sa mort, le président Mao rédige un texte intitulé "A la mémoire de Norman Bethune ". C'est aujourd'hui un de ses écrits les plus célèbres, et les mieux connus des Chinois. Norman Bethune est un héros national, qui personnifie l'accomplissement désintéressé du devoir, et son image apparaît partout, sur des affiches ou dans des livres. Parfois quelques mots seulement d'une phrase de l'ouvrage de Mao suffisent à l'identifier :

" Se dépenser sans compter "

monument

Des monuments ont été érigés à travers toute la Chine pour louer l'exemple de Norman Bethune. Son hôpital modèle a été reconstruit. L'abri qu'il avait bâti sur le flanc d'une montagne, le temple désaffecté où il opérait et les maisons qu'il a habitées ont été convertis en musées. En 1950, sa dépouille a été transportée au cimetière des Martyrs de Shijiazhuang, consacré à quelque 3,2 millions de soldats chinois victimes de la guerre de résistance. Dans ce parc immense se trouve une statue plus grande que nature, celle de Norman Bethune. De l'autre côté, près du musée Bethune, se trouve l'hôpital international de la Paix Norman Bethune, qui peut accueillir 800 patients.

maison canada

Au Canada, l'ancien presbytère de Gravenhurst, lieu de naissance de Norman Bethune, a été acheté par le gouvernement du Canada en 1973 et inauguré officiellement à titre de maison commémorative en 1976. En 1990, la Chine et le Canada ont émis un timbre commémorant le centenaire de sa naissance.

L'acteur canadien Donald Sutherland a joué le personnage de Norman Bethune dans deux films biographiques : Bethune (1977) et Bethune, the Making of a Hero (1990), une co-production canado-franco-chinoise

Enfin dans les années 1960, le Canada de Pierre Elliott Trudeau a évoqué Norman Bethune pour se rapprocher de la Chine. C'est à travers l'action de Trudeau que Richard Nixon a pu s'introduire en Chine.


Le nom de BÉTHUNE aux U.S.A.

En parcourant les sites généalogiques, on trouve encore de nos jours trace de nombreux BETHUNE, mais sans qu'il soit possible de relever, comme au Canada, un fil conducteur d'entrée aux U.S.A., ni une saga familiale. Le nom de BETHUNE le plus connu aux States est celui de Mary MACLEOD BETHUNE , éducatrice, personnalité politique et militante des droits des noirs et de la femme, qui a donné son nom à plusieurs rues et à d'éminentes institutions.

MARY JANE MACLEOD BÉTHUNE

mary

Née Mary Jane Macleod en 1875 à Mayesville en Caroline du Sud, quinzième enfant (sur dix-sept) d'une famille qui avait été esclave, elle ajoute à son nom celui de BÉTHUNE après son mariage avec Albertus BÉTHUNE en 1898.

Elle montre très jeune un intérêt certain et une prédisposition pour ses études, ce qui lui vaut d'obtenir une bourse pour une institution de jeunes filles noires. Après son diplôme en 1893, elle ne peut comme elle le désire partir comme missionnaire en Afrique et devient assistante dans plusieurs instituts de la région

Sa carrière d'éducatrice commence vraiment quand elle loue en 1904 une maison de bois de deux étages à Daytona Beach en Floride et entreprend d'ouvrir une école pour jeunes filles noires avec 5 élèves, plus son fils.

Il n'y a aucun équipement, des caisses servent de pupitre et du charbon de bois de crayons. Pour financer l'école, elle cuisine avec ses élèves des tartes et vend des ice-cream aux équipes de construction voisines

Ainsi débute l'école de formation pour filles noires où Mary occupe au début tous les postes, avant de pouvoir peu à peu engager un personnel stable. Les cours coûtent 50 cents par semaine, mais Mary ne refuse jamais d'instruire une élève dont les parents ne parviennent pas à payer. En 1912, elle parvient à intéresser James Gamble de la Gamble and Proctor Company de Cincinnati, qui finance l'école et accepte de présider le Conseil d'administration.

En 1923, l'école de filles fusionne avec l'Institut Cookman pour garçons de Jacksonville, l'ensemble devenant l'Institut collégial Bethune-Cookman, bientôt renommé Bethune-Cookman Collège. Mary devient présidente du Collège jusqu'à sa retraite comme présidente émérite en 1942, mais reste administratrice jusque la fin de sa vie. En 1955 le collège compte 100 enseignants et environ 1000 élèves.

Parallèlement, elle milite avec obstination et dynamisme contre la ségrégation raciale. Quand son école commence à prospérer, elle s'investit de plus en plus dans le domaine politique, obtient par ses discussions avec le vice-président Thomas Marshall que la Croix-Rouge intègre des noirs, et que ceux-ci puissent accéder aux mêmes emplois que les blancs. En 1917, elle devient présidente de la Fédération de Floride des Femmes de Couleur, puis présidente nationale en 1924, poste le plus élevé auquel pouvait prétendre à cette époque une femme de couleur. En 1935, elle fonde le conseil national des femmes noires que l'on consulte pour tout problème concernant les noirs.

Mary MCLEODBÉTHUNE et Eleanor ROOSEVELT

eleanor mckeod

Elle collabore avec les présidents Calvin Coolidge, Herbert Hoover, et Théodore Roosevelt pour les questions d'emploi, de logement, d'éducation et de protection infantile et se lie d'amitié avec Eleanor Roosevelt, elle-même farouche militante des droits de la femme, ainsi qu'avec le président Franklin Roosevelt qui la prend comme conseillère privée. Nommée en 1936 directrice de la Division des Affaires noires, elle devient la première femme de couleur à prendre la tête d'une agence fédérale. En 1945, le Président Truman l'envoie comme consultante à l'O.N.U. et en 1949 comme représentante des U.S.A. aux cérémonies d'investiture du Président libérien. En 1951 il la nomme membre du Comité pour la Défense nationale.

eleanor

Elle meurt le 18 mai 1955, et une statue dans Lincoln Parc à Washington (première statue de femme noire dans un parc) rend hommage à sa vie exemplaire au service des autres.


Sources : Internet : Dictionnaire Biographique du Canada = Wikipedia
               Avec mes remerciements au Docteur Daniel HENOQUE,
               qui m'a fourni quelques pistes ou éléments de recherche

Gilbert DENELE

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Anthoine de Busne, compositeur et poète béthunois

debusnes

Antoine Busnois (ou Busnoys, en réalité Anthoine De Busne) est un compositeur et poète français à la cour de Bourgogne, né vers 1433 à Béthune, mort avant le 6 novembre 1492 à Bruges. Il est la principale figure de la fin de l'Ecole bourguignonne.

Contemporain d'Ockeghem, il s'est principalement consacré à la chanson, puisque l'on a de lui plus de 70 chansons dont 9 motets, 4 magnificat, 2 messes basées sur le thème de« L'homme armé », et des pièces isolées de messe. Parmi ses chansons, on compte 29 rondeaux, des bergerettes (dont le trois voix domine).

Bien que les détails sur le début de sa vie soient hypothétiques, il est originaire de la région de Béthune dans le Pas-de-Calais, peut-être du village de Busnes, auquel son nom semble se référer. Il a peut-être un lien de parenté avec une famille aristocratique ; en particulier Philippe de Busnes, chanoine de Notre-Dame à Lens, aurait pu être un de ses parents. Il reçoit assurément une excellente éducation musicale, probablement dans un chœur d'église, quelque part dans le nord ou le centre de la France. Une origine aristocratique peut expliquer sa précoce association avec la cour royale française : dès les années 1450, il est fait référence à lui et, en 1461, il devient aumônier à Tours. Il n'est pas entièrement un homme de paix, puisqu'il signe une pétition pour l'absolution à Tours, datant du 28 février 1461, dans laquelle il admet avoir pris part aux activités d'un groupe qui a frappé un prêtre,« jusqu'au sang », non pas une mais cinq fois. Il est également assez téméraire pour célébrer en messe l'anathème, acte qui lui apporte l'excommunication. Cependant le pape Pie II l'absout.

Il déménage de la cathédrale à l'église collégiale Saint-Martin de Tours, où il devient sous-diacre en 1465. Johannes Ockeghem est alors le trésorier de cette institution, et les deux compositeurs semblent s'être bien connus.

Plus tard, en 1465, Busnois voyage jusqu'à Poitiers, où il devient maître des jeunes choristes, et réussit également à attirer de nombreux et talentueux chanteurs de la région entière.A cette époque, sa réputation de professeur de chant, d'érudit, et de compositeur s'élargit. Cependant, son départ est aussi soudain que son arrivée, en 1466. Il n'en donne aucune raison et déménage ensuite en Bourgogne.

En 1467 Busnois, au service de la cour de Bourgogne, commence à composer pour elle, juste avant l'accession de Charles le Téméraire au rang de duc. En dépit de son amour de la guerre, Charles adore la musique, et il apprécie et récompense Busnois. Aussi, en 1467, il enrôle Busnois ainsi que Hayne van Ghizeghem et Adrien Basin comme chantres et valets de chambre.

En plus de ses fonctions de chanteur et de compositeur, Busnois accompagne le duc dans ses campagnes militaires, avec Hayne van Ghizeghem. Busnois est en effet du siège de Neuss en Allemagne en 1475, et survit miraculeusement à la désastreuse bataille de Nancy en 1477, au cours de laquelle Charles est tué et où s'achève l'expansion de la Bourgogne.

Busnois reste au service de la cour bourguignonne jusqu'en 1482, mais on ne connaît rien de ses employeurs entre cette date et 1492, année de sa mort. Quand il meurt, il travaille pour l'église Saint-Sauveur de Bruges. A cette époque, c'est un compositeur reconnu dont la réputation est immense. C'est probablement le musicien le plus connu en Europe et sa musique est largement diffusée.

Sources : Internet : Wikipedia

Gilbert DENELE

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